séminaire le samedi 5 mai à 17h :
Olivier
BRUNSCHWIG
" Sida : quels enjeux de corps ? "
Selon un
discours répandu dans les pays occidentaux, une soi-disant "banalisation" du
sida et notamment de la séropositivité serait un fait acquis, et de plus
favorable (socialement et psychologiquement) à tous. Cette qualification
n'a-t-elle de valeur que relativement au temps précédent, dans l'après-coup de
l'émergence catastrophique de la maladie ?
Une telle "banalisation"
apparaît cohérente avec à la pensée médicale scientifique, qui retrouve ainsi
son mode de repérage utile pour traiter une maladie fréquente et désormais
classifiée comme "chronique". Mais ce que nous enseigne l'écoute de ces sujets
oblige à refuser de confondre cette généralité, seulement admissible dans un
certain champ, avec une quelconque banalité de chaque position subjective. Se
ranger à cette idée serait participer à la mise en péril de l'existence même de
ces sujets.
M'appuyant sur quelques essais de travail métapsychologique
avec des personnes affectées par le Vih, et les travaux de certains auteurs
(Susan Sontag, François Pommier et d'autres), je propose de soutenir
l'interrogation suivante : Quelles possibilités quelqu'un à qui l'on annonce une
séropositivité a-t-il de métaphoriser cet énoncé ? Autrement dit : À partir de
cette qualification de l'être ("je suis séropositif") toujours traumatisante,
comment un sujet peut-il advenir d'une symbolisation qui est à produire à
partir d'une affection longtemps imperceptible ? Je vous propose de préciser les
questions rencontrées avec ces patients, en ce qu'elles sont centrées sur le
corps.
Faculté Libre de Théologie Protestante, 83 bd Arago
75014,
Salle 4
Prochaines séances les samedis 9 et 23 juin, à 17h.