Juin 2008
Chers amis,
Lors de l’Assemblée Générale du 23 mai 2008, après l’élection du nouveau Bureau, j’ai communiqué aux membres réunis dans la salle, mon envie de réaliser un projet auquel je tiens depuis longtemps et que, jusqu’à l’époque du Congrès de Paris, je ne savais pas de le partager avec quelqu’un d’autre, Christian Hoffmann, juste pour le nommer. Il s’agissait d’un projet qui devait rencontrer l’enthousiasme aussi de quelque collègue français et de tous les amis italiens de la Fondation. C’était la proposition d’un colloque dédié à la figure et à l’oeuvre d’un personnage de premier plan, dans le champ freudien et lacanien : Moustapha Safouan.
Cette annonce a trouvé l’approbation immédiate de la salle, mais pas sans les protestations du direct intéressé, qui a précisé, tout de suite, être encore vivant. Il aurait pu en revanche accepter, une journée d’étude pendant laquelle on aurait parlé de quelques uns de ses ouvrages.
Le soir du 24 mai, dans l’atelier du peintre Giuseppe Modica, pendant une conversation conviviale avec des amis, Dominique Tourres-Gobert, Silvia Lippi, Ginette Hoffmann, Patrick Landman et Christian Hoffmann, on a un peu bavardé sur ce Colloque autour de l’oeuvre de Moustapha Safouan, promu par moi le jour précédent l’Assemblée Générale, en prenant comme argument la relation entre le sujet et la langue.
Cette relation examinée dans le livre, fait de ce dernier une œuvre analytique. Relation mise au centre du nœud problématique, cerné par le livre, dans la politique culturelle du monde arabe.
Dans le refus de la langue maternelle, vernaculaire, refus mis en acte au profit de la langue sacrée, écrite, par le pouvoir politique et culturel du monde arabe, on y trouve la raison de l’immobilité sociale de l’univers arabe.
À mon avis, ça n’est pas par hasard que l’amour courtois soit un phénomène typiquement occidental, où la poésie courtoise a élevé la langue vernaculaire, maternelle, à la dignité de langue littéraire. À ce propos, je me demande : est-ce qu’il y a dans le monde arabe une forclusion du féminin ? C’est ainsi qu’à un certain moment, quelqu’un a tiré ce titre de la poche : Le sujet et les langues entre le sacré et le profane.
Le lieu de Mazara del Vallo étant venu de la salle, moi, je ne peux que le soutenir, puisque, d’une part, c’est le lieu de résidence préféré par M. Safouan pour son otium (en effet, c’est de cet otium que ses derniers livres proviennent), et d’autre part, en le choisissant cela me permettrait d’organiser au mieux et plus aisément le tout.
Ensuite, ma tâche a été de soumettre le projet aux membres du Bureau : Claude-Noële Pickmann, Roland Chemama, Gorana Bulat-Manenti et Claus-Dieter Rath. Après quelque échange entre nous, pour préciser au mieux le titre et pour établir la date la plus convenable, finalement, avec l’accord aussi de Moustapha Safouan, on peut annoncer à tous les membres de la Fondation les deux journées à Mazara del Vallo sur « Le sujet et les langues entre sacré et profane » qui se tiendront les 10 et 11 avril 2009.
constitution d’un comité pour la préparation de ce colloque sera communiquée bientôt.
Très cordialement
Luigi Burzotta