séminaire
du samedi 27 janvier
"La
dépression ou le syndrome de la couette"
Françoise
Decant
Si les laboratoires pharmaceutiques ont
rendu populaire cette maladie du siècle, qu'ils entendent éradiquer à grands
coups d'antidépresseurs, les écrits littéraires ont largement contribué ces
temps derniers à faire connaître au grand public cette maladie qui peut être
terriblement invalidante. Des écrits qui livrent au jour le jour la description
"objective" des symptômes dont souffrent leurs auteurs.
Les psychanalystes
n'auraient-ils pas leur mot à dire face à la désubjectivation de ces récits dits
"cliniques" qui prétendent "transmettre" ? Faut-il penser que les outils
théoriques que Freud et Lacan nous ont légués ne permettraient pas d'accueillir
la souffrance de tous ceux qui n'aspirent qu'à mourir ?
Si croire à
l'existence de l'inconscient et aux effets de la levée du refoulement sous
transfert dans une cure est un postulat nécessaire, l'accueil du réel (réel de
la mort mais aussi réel de la castration maternelle), nous oblige également à
interroger les coordonnées d'un autre refoulement, à savoir le refoulement
originaire, et la jouissance qui lui est attachée, qui se cache dans les plis de
la dépression.
Comment repérer tout cela dans cette maladie qui se présente à
nous si souvent comme un magma informe, poisseux, une chose glauque qu'on ne
sait pas par quel bout prendre ?
C'est autour de ces questions que je vous
invite à venir débattre.
Faculté Libre de Théologie Protestante, 83 bd
Arago
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