FONDATION EUROPEENNE POUR LA PSYCHANALYSE


Litura


CONGRES
                
FONDATION EUROPÉENNE

 pour la PSYCHANALYSE
                             
  8 - 10 Juin 2012

   BARCELONE
 Gallery Hotel  C. Roselló 249

 

AVEC QUEL INCONSCIENT
TRAVAILLONS-NOUS ?

              
  
Reprendre un questionnement sur l'inconscient constitue aujourd'hui une nécessité. Les dernières décennies ont vu en effet se multiplier des pratiques thérapeutiques prétendant chacune à la plus grande efficacité, tout en étant -est-ce un paradoxe ?- de plus en plus empiriques. Mais comment pourraient-elles avoir la moindre pertinence, puisqu'elles espèrent guérir un sujet en commençant par méconnaître l'inconscient qui le détermine, et détermine donc aussi le symptôme qu'elles prétendent soigner ?
Il est vrai d'ailleurs que Freud, lorsqu'il reconnut la nécessité de laisser sa place à l'inconscient, en fit seulement une hypothèse nécessaire. L'inconscient, par définition, n'est l'objet d'aucune perception, mais il faut le supposer à partir de ses effets, qui eux sont incontestables.
Nous ne prenons sans doute plus les choses ainsi aujourd'hui. Plutôt que supposé, l'inconscient nous apparaît réel –c'est du moins une formulation à laquelle Lacan en vint à la fin de sa vie-. Cette définition invalide-t-elle, cependant, celles qui furent données précédemment, y compris par Lacan lui-même? Sans doute pas, d'autant que pour nous la question est moins ontique (quel serait l'être de l'inconscient), que pratique et éthique (avec quel inconscient travaillons-nous?).
Comment concevoir l'inconscient s'il est vrai que l'équivoque, plutôt que le sens, peut soulager le sujet de symptômes qui le handicapent? Mais aussi comment le concevoir si pour chacun un noyau irréductible semble résister à toute interprétation, de sorte que l'analyse, qui permet au sujet seulement de s'en approcher, le laisse aussi devant la responsabilité de donner une issue un peu moins cruelle à ce qui commande son destin?

PROGRAMME DU CONGRES

TEXTES DU CONGRES

TEXTES DU CONGRES en Espagnol
 

 

 


POUR EN FINIR AVEC LE CARCAN DU DSM

L’obligation d’une référence diagnostique au DSM nuit à la scientificité ; elle contrarie le soin psychique ; elle est coûteuse pour les Etats ; elle paralyse la recherche et l’enseignement

 
La « souffrance psychique » déborde la définition habituelle des maladies, car elle peut concerner chacun. L’Organisation Mondiale de la Santé la considère comme une priorité. Mais l’O.M.S. s’est engagée sur ce terrain selon un choix univoque, en considérant comme un acquis scientifique le manuel de l’A.P.A. (American Psychiatric Association). Ce choix unique de l’O.M.S. porte un nom générique, celui du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Sa troisième version stigmatise les conflits d’intérêt en psychiatrie et elle est contemporaine des recommandations de traitements comportementalistes et des TCC. Et comme ces méthodes sont aléatoires, elles participent de la promotion d’un complément pharmacologique indispensable.

1. Quelle est la valeur scientifique du DSM ?

Son ancêtre, le SCND est une compilation empirique rédigée en 1932 pour l’armée américaine. En 1948, l’O.M.S. s’en est servie pour rédiger l’International Classification of Diseases, qui en est à sa dixième version (ICD10 ou CIM10 pour la France). Les différentes versions du DSM ont été rédigées depuis 1952 par l’American Psychiatric Association. Alors que le DSM II prenait en compte l’approche dynamique de la psychopathologie, le DSM III, qui parut en 1980, a évacué toutes références à la psychanalyse au nom d’une totale neutralité théorique. Il en résulte une méthodologie descriptive, volontairement ignorante des concepts psychologiques à partir desquels aurait pu s’élaborer une classification objective, clinique et scientifique des grands champs de la psychopathologie. Il existe de nombreux sous-ensembles du DSM. Leur méthodologie va à contresens des critères d’objectivité de n’importe quelle branche des sciences de la nature, comme de ceux de n’importe laquelle des sciences humaines. Pour qu’une observation prétende à la scientificité, il faut qu’elle isole des invariants latents, des déterminismes qui font axiomes et dégagent des structures réduites. Cette démarche s’appuie sur l’observation de faits en se gardant de tout présupposé. Elle s’appuie sur les acquis de l’expérience qui seule permet de vérifier leur intérêt diagnostique et leur valeur prédictive. C’est le contraire de la méthodologie du DSM, qui n’a aucun précédent dans aucune science, sinon les premières classifications encyclopédiques (Linné, Buffon…) qui classaient les espèces selon des caractères distinctifs avant de se tourner vers des classifications comparées mettant en évidence des traits communs aux différentes espèces. Dans son introduction, il est vrai, le DSM se déclare idéologiquement athéorique. Mais est-ce possible dans la recherche ? Le DSM démontre lui-même que non, car il suffit qu’une liste de « troubles » manifestes soit établie sans tenir compte des structures où ils s’inscrivent, il suffit que ces « troubles » soient détachés des circonstances subjectives de leur éclosion, pour que l’hypothèse d’une cause organique s’impose aussitôt. Cette conception réductionniste d’un « homme machine » n’a trouvé jusqu’à ce jour aucune preuve corroborée par l’expérience, y compris dans les travaux neuroscientifiques les plus reconnus. Au contraire du DSM, les avancées scientifiques les plus récentes dans le domaine de la neuroplasticité ou de l’épigenèse montrent qu’on ne peut plus opposer causalités psychique et organique, puisque la première influe sur la construction de la seconde. La prédictibilité s’en trouve subvertie : on n’utilise jamais deux fois le même cerveau. Mais en supprimant la causalité psychique, le DSM impose en contrecoup la causalité organique. Ce choix est d’autant plus antiscientifique qu’il proscrit d’autres références et que son usage est imposé aux praticiens dans le codage des diagnostics. Or l’impossibilité de réfuter un point de vue a pour conséquence de le faire sortir du domaine de la science (comme l’a montré Karl Popper). Quelle que soit l’idéologie de scientificité des troisième et quatrième versions du DSM, leur méthodologie ne l’est pas.

La deuxième caractéristique antiscientifique de la méthodologie DSM est qu’elle rassemble des statistiques qui ne concernent pas les patients, mais les avis d’un échantillon de psychiatres. Il ne s’agit pas d’observations cliniques, mais du décompte des opinions, parfois recueillies de manière arbitraire. Cette méthode d’apparence démocratique n’a jamais existé dans l’histoire des sciences. Un vote ne peut servir de preuve, et cette nomenclature a été mise ainsi sous la coupe de l’opinion, comme le montre sa légitimation par le terme de consensus. Il s’agit d’un indice de popularité, mais en aucun cas de validité scientifique.

Ces premières caractéristiques non scientifiques du DSM, ne font cependant pas obstacle à leur intérêt épidémiologique, qui peut entrer dans le cadre d’une gouvernance rationnelle. Si l’on tient à s’en servir à cette fin, les praticiens ne devraient pourtant pas être contraints de s’y référer dans un but diagnostique et pronostique, obligation d’ailleurs contraire à l’éthique médicale et à celle des soins psychiques.

2. Quelle est la validité clinique de cette méthodologie ?

Les répertoires de « troubles » et de « dysfonctionnements » ne donnent de la souffrance psychique que des clichés de surface. Dans aucune branche de la médecine, un praticien ne diagnostiquerait une maladie en se fiant aux apparences, à l’expression manifeste d’un symptôme. Comme les retours d’invariants réguliers sont évités par principe, les descriptions de surface se multiplient : la référence à l’Evidence Based Medecine, qui entend privilégier la preuve dans un but de plus grande efficience montre son objectif en limitant l’exploration clinique à l’évidence la plus superficielle ou en mélangeant des éléments d’ordre hétérogène (cliniques et moraux en particulier) : ainsi par exemple, comme l’a remarqué le Pr. Misès à propos du « trouble des conduites », « l’incivilité » devient une maladie.

Le résultat est une inflation de « troubles » qui corrobore l’absence de scientificité, alors que cette dernière permet au contraire de limiter la grande variété des manifestations à quelques types cliniques, dont le nombre est réduit. Depuis la version de 1952, le DSM est passé du recensement de 106 pathologies à 410 « troubles » identifiés dans sa version actuelle. La prochaine version, le DSM V, en cours d’élaboration, devrait enregistrer au moins une vingtaine de catégories supplémentaires. En termes de pathologie mentale, elle aura construit des « faux positifs » dont les seuls bénéficiaires risquent d’être les groupes pharmaceutiques. De plus, cette inflation favorise la naissance de concepts fourre-tout qui justifient des pratiques de soins dangereuses et ségrégatives pour les enfants.

Dans les versions passées du DSM, une catégorie clinique aussi constante que l’hystérie, dont la consistance est attestée par l’expérience depuis l’Antiquité, a été supprimée. De même, la névrose n’est plus homologuée depuis 1980 et, l’homosexualité a dû attendre 1987 pour ne plus être considérée  comme une maladie mentale. En fait, la sexualité n’a, paradoxalement, plus de statut depuis cette date…  On en retire l’idée que ces statistiques se réfèrent à la culture américaine, à ses normes et à ses modes, alors que ces classifications de psychopathologie ont une ambition internationale. L’O.M.S., en effet, compte imposer l’application de l’ICD dans le monde entier d’ici quelques années.

Pour ce qui concerne maintenant le futur projet de DSM V, il invente de nouvelles catégories de nature uniquement dimensionnelle, basée sur l’amplitude des manifestations jugées pathologiques, comme par exemple « le trouble d’hypersexualité » ou « le trouble paraphilique coercitif ». Beaucoup plus inquiétant encore, l’instauration de valeurs prédictives prévoit des « troubles » futurs. Chacun sera ainsi potentiellement un malade et donc susceptible d’être traité préventivement. Cette inflation vertigineuse va atteindre des sommets avec l’invention de « syndromes de risque », tel que le « syndrome de risque psychotique » qui imposerait, en passant de la prévention à la prédiction, de prescrire systématiquement des psychotropes à une proportion non négligeable d’adolescents jugés atypiques. Et cela, alors qu’aucun test de terrain n’en justifie l’utilité. Une telle extension de la pathologie pourrait d’ailleurs s’avérer contraire aux Droits de l’Homme.

3. Le DSM nuit à la santé

Avec un catalogue de critères suffisamment large, un psychiatre ne sera bientôt plus nécessaire. Un médecin ne le sera pas non plus, ni même un infirmier. Le pharmacien pourra distribuer directement des psychotropes. Si c’était vers cette politique de santé que les États étaient orientés, quelle en serait l’efficacité ?

Un diagnostic DSM répertorie des manifestations comportementales sans la profondeur de champ d’aucune structure d’ensemble psychopathologique, et cela à rebours de toute la psychiatrie clinique. Chaque comportement correspond à une case à cocher et n’est plus que le signe d’un « désordre » érigé en entité pathologique innée. S’y ajoutent des notions comme celle de « malade difficile », ou de « non compliance au traitement ». Enfin, certaines catégories DSM (par exemple, celles codées de F20 à F31) vont à l’évidence être mises au service de transferts de compétences vers le médico-social, vidant la psychiatrie publique et privée de son contenu. Déjà, dans certains services de la région parisienne, et au nom de l'objectivité, le recueil de check-lists dès le premier entretien a détrôné la sémiologie clinique, jugée subjective, ainsi que l’approche dynamique des symptômes. Le DSM supprime toute référence à une causalité psychique ou historique, sans laisser sa place aux événements traumatiques de la vie du patient et de son anamnèse ; tout est programmé comme si la condition humaine pouvait être médicalisée. La cure relationnelle, ou simplement la parole sont invalidées comme outils thérapeutiques, de sorte que les patients qui ont un besoin urgent de se confier risquent de choisir des thérapies non scientifiques, voire sectaires, avec la caution involontaire des Pouvoirs Publics.

Sur la base de ces check-lists, la plupart des patients sont médicamentés abusivement ou trop longtemps. Comme le même symptôme joue dans des structures différentes, qui ne commandent pas la même conduite thérapeutique, et comme ce symptôme est susceptible d’être étouffé par un traitement pharmacologique, la cause première de la souffrance psychique devient méconnaissable et le patient, inguérissable bien que lourdement médicalisé. Dans la mesure où elles soulagent des effets et non leurs causes, les prescriptions s’auto-reconduisent et augmentent dangereusement, jusqu’à la dépendance – sinon à l’addiction. Lorsqu’un protocole de soin échoue, au lieu de le remettre en question, on crée plutôt une nouvelle catégorie. De sorte que les thérapies médicamenteuses, d’abord souvent utiles, finissent par avoir un résultat contre-productif. D’autant plus que les effets indésirables à long terme de médicaments récents sont encore inconnus et que les études prévisionnelles entre bénéfices et risques sont souvent sujettes à caution.

Ce cercle vicieux s’initie aujourd’hui dès l’enfance. Pour une action préventive en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, les pédopsychiatres, en majorité de formation analytique, veulent collaborer avec les pédiatres et les intervenants scolaires, afin de détecter les signes de souffrance psychique. Et cela afin d'éviter qu'une souffrance latente évolue et se fixe en psychose, en névrose sévère ou en une inadaptation permanente. Or, le prochain DSM V transforme cette prévention en anticipation thérapeutique : on ne soigne plus l’enfant pour ce dont il souffre maintenant mais pour le trouble qui pourrait un jour se manifester chez lui. Cette « prédictibilité » risque d’enfermer dans un diagnostic à vie et une médicamentation pour des psychopathologies qui ne sont même pas encore apparues. Au contraire, lorsque la souffrance psychique est entendue, ce soin évite la fixation d’une pathologie.

4. Le DSM oriente les enseignements vers une pratique unique

Le succès du DSM ne procède pas de la réception positive des praticiens. Au contraire, il leur a été imposé de l’extérieur. Il a pris de l’expansion d’abord grâce aux compagnies d’assurance et aux groupes de pression qui ont exigé ses références pour leurs remboursements, aux USA et dans certains pays d’Europe. Les entreprises pharmaceutiques sont également à l’origine de grilles d’adéquations entre les catégories du DSM et l’administration de médicaments. Ces différents lobbies ont été suffisamment puissants pour amener des universités de plus en plus nombreuses à mettre le DSM au premier plan de l’enseignement, mis ainsi au service d’intérêts classificatoires, idéologiques ou financiers.

Les futurs cliniciens sont formatés dans l’ignorance de la clinique classique. Dans l’enseignement, le préalable organiciste élimine tous les points de vue qui l’ont précédé, opérant une rupture que ne fonde l’apparition d’aucun nouveau paradigme. Jusqu’à la fin des années soixante-dix, une relative unité de la psychopathologie prévalait. La psychiatrie clinique européenne s’était enrichie grâce aux apports de la psychanalyse et de la psychologie. Ces échanges interdisciplinaires se sont cloisonnés depuis 1980 seulement, et cela de manière infondée, puisque l’objet de la psychopathologie reste le même. Aujourd’hui, l’ensemble de l’enseignement de la psychiatrie est majoritairement tributaire du DSM et de la pharmacologie. Seules les U.F.R. de psychologie enseignent encore une diversité de points de vue. Mais pour combien de temps encore ? Cette relative diversité n’est pourtant pas équitable, car ce ne sont pas les psychologues qui prennent les décisions thérapeutiques. De plus, ce clivage entre psychologues et psychiatres alimente une « guerre idéologique » inutile dont les patients et les budgets font les frais.

Non seulement l’enseignement médical se fait dans le pli du formatage unique DSM, mais, de plus, l’essentiel de l’enseignement post-universitaire est assuré par les laboratoires pharmaceutiques. De sorte que cette formation alimente l’expansion des prescriptions médicamenteuses, toute autre orientation de recherche étant proscrite.

Enfin, un lobbying occulte, jamais discuté démocratiquement, oblige les chercheurs à publier dans des revues qualifiantes, souvent anglo-saxonnes et de la même orientation, s’ils veulent accéder aux postes universitaires. La CFTMEA française a ainsi entravé la carrière de certains universitaires en les empêchant de publier dans des revues anglo-saxonnes, « faute de langage commun ».

5. L’orientation infléchie par le DSM est coûteuse pour les États :

Les choix de l’O.M.S. retentissent de proche en proche sur les systèmes de santé des États, et entraînent des décisions onéreuses. À tous les niveaux de la santé mentale, le DSM est devenu l’instrument comptable des budgets administrés par des gestionnaires qui organisent la santé à partir de contraintes financières. Les problèmes de santé restent ainsi non traités et sont finalement plus coûteux. Des commissions inconnues du public prennent des décisions sur cette base, et comme leur référence est le DSM, elles privilégient les traitements pharmacologiques (voire chirurgicaux), sur le fond d’une paupérisation, voire d’une destruction de l'organisation sectorielle de la psychiatrie articulant l'intra et l'extra hospitalier. Le DSM est devenu le cheval de Troie de l’industrie pharmaceutique dans la pratique médicale quotidienne et principalement celle des médecins généralistes, prescripteurs de 80% des psychotropes. Ces orientations thérapeutiques génèrent un coût économique lourd pour les États et les systèmes de solidarité comme la Sécurité Sociale. Le coût n’est pas seulement un transfert de fond au bénéfice de l’industrie pharmaceutique. Il existe aussi une utilisation « médico-économique ». En fonction du codage DSM, des « taux de patients » de même que « l’intensité de soins » sont répertoriés à l’avance, et imposent des limitations thérapeutiques.

On peut avoir une idée de l’importance des coûts générés par les diagnostics DSM en examinant les différences de prescription en psychiatrie de l’enfant entre les pays qui se conforment au DSM et ceux où un autre point de vue est resté majoritaire : en France, près de 20 000 enfants prennent de la Ritaline, ce qui est bien loin des 55 000 enfants anglais et surtout des 3 millions de Canadiens et de 7 millions concernés aux USA. On ne s’étonne pas des liens d'intérêts financiers entre comité d'experts du DSM IV et industrie pharmaceutique, qui ont été maintes fois révélés, si l’on sait que les médicaments psychotropes représentant un marché extrêmement profitable. Aux USA, en 2004, les antidépresseurs ont généré 20,3 milliards de dollars de profit, les anti-hallucinatoires, 14,4 milliards. Certaines catégories cliniques épousent au plus près les indications de nouvelles molécules, préfigurant une classification pharmacologique sur mesure au gré des exigences du marketing. Une telle coïncidence entre catégorie clinique et effets des molécules ne peut que favoriser une chimiothérapie de masse.

Au contraire, si d’un point de vue financier les traitements qui privilégient la relation intersubjective paraissent d’abord plus chers en infrastructure et en personnel qualifié, ils sont à terme plus économiques, outre qu’ils gardent aux soins leur dimension humaine.

Il est possible de mettre un terme à l’hégémonie néfaste de cette nomenclature

L’O.M.S. et la W.P.A. (World Psychiatric Association) ont tenu en 2001 à Londres un symposium sur les classifications internationales. La difficulté des débats a amené l’O.M.S. à décréter un moratoire sur les révisions du DSM V et du ICD 10, jusqu’à cette année. En réalité, la valse des révisions du DSM n’a été menée qu’à la seule initiative de l’Association psychiatrique américaine et non des praticiens, comme prévu initialement. En attendant, les conséquences de l’usage du DSM sont journalières, et sont lisibles aussi bien dans certains rapports de l’INSERM que dans les décisions législatives concernant la santé mentale, ou en profondeur dans les effets ségrégatifs et sécuritaires qui grèvent non seulement le soin, mais légitiment une gouvernance politique de l’humain, dès le plus jeune âge. Désormais, le DSM est également utilisé devant les tribunaux et son apparence objective est d’autant plus dangereuse qu’elle se masque du discours de la « science ».

L’expérience a montré que les acteurs de la santé pouvaient faire reculer les effets de l’idéologie DSM. Par exemple, le succès de la pétition « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans », signée par plus de 200000 personnes, suite à l’expertise INSERM sur « le trouble des conduites », a amené l’INSERM à relativiser des travaux pourtant donnés comme scientifiques. De même, l’« Appel des appels » a capitalisé les critiques à l’égard des nomenclatures avec celles de la santé, de l’enseignement, ou de la recherche, en regroupant l’initiative de « Sauvons la Clinique ». D’autres réponse aux menaces actuelles ont déjà eu lieu, ou sont en cours, comme « Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire » qui a réuni récemment (octobre 2010) plus de mille personnes à Villejuif.

En 2003 à Montpellier, les États Généraux de la Psychiatrie ont déjà permis une prise de position commune à l’égard du DSM IV d’une grande partie des associations psychiatriques, de la presque totalité des associations psychanalytiques et du SIUERRPP qui regroupe une grande majorité des enseignants-chercheurs-praticiens en psychopathologie clinique. La plupart des sociétés psychanalytiques françaises ont signé à cette occasion une déclaration où elles se proposaient « de travailler en commun avec les professionnels de la psychiatrie à la construction d’une référence psychopathologique plus en accord avec la réalité clinique du sujet ». Comme le note cette déclaration, le DSM engendre une pratique qui « confond le malade et la maladie. Une pratique qui ne tient pas compte de la subjectivité de l’inconscient, du conflit psychique, autant de concepts qui montrent que nos patients ont une histoire et un univers relationnel qui sont partie prenante dans la clinique qu’ils présentent ».

Nous voulons œuvrer positivement pour une clinique de la subjectivité

Le nombre des signataires de ce manifeste constitue une expertise largement aussi pertinente que les statistiques de l’A.P.A.. Nous considérons que – s’il est toujours légitime de faire de nouvelles hypothèses, comme celle du DSM –, cette nomenclature s’est imposée par des moyens extérieurs à la recherche, et elle bloque le cours normal des échanges scientifiques.

1/ Nous estimons que les cliniciens attentifs à la souffrance psychique et à son traitement se trouvent aujourd’hui confrontés au problème supplémentaire que constitue l’imposition de cette pensée unique, faussement consensuelle, et à son utilisation dangereuse dans les décisions thérapeutiques, gestionnaires et politiques. Nous estimons qu’il faut limiter l’inflation dangereuse et coûteuse des catégories pathologiques. Il faut reprendre le fil de la clinique qui s’était construite en plusieurs siècles grâce aux échanges de la psychiatrie, de la psychologie, de la psychanalyse, de l’anthropologie.

2/ Il faut faire cesser les pressions administratives sur les cliniciens, pressions qui, sous couvert d’exigences comptables, leur dictent une conduite thérapeutique. N’est-il pas temps, par exemple, de prendre position contre la V.A.P. (Valorisation de l’Activité en Psychiatrie) ou bien d’envisager des refus de cotation (ou bien coter F 99 – autre) ?

3/ Une méthodologie scientifique respectant des points de vue contradictoires doit être rétablie dans ses droits. Nous exigeons à cet égard un rétablissement de la pluralité des points de vue doctrinaux dans l’enseignement, et la libération du carcan DSM dans la recherche et les revues qualifiantes. L’obligation d’un « langage DSM », d’une langue psychiatrique unique, ne doit plus servir de critère pour publier dans les revues internationales. Seul l’objet de la recherche doit entrer en ligne de compte. La pluralité des références conceptuelles doit être respectée et promue. Le DSM n’est pas et ne peut être une référence obligatoire et exclusive, servant d’outil de normalisation des pratiques et des conduites de la population. Il convient d’établir une transparence sur la nomination des experts des commissions décisionnaires dans ce domaine.

4/ Il existe d’ores et déjà d’autres classifications que le DSM. Leur existence doit être validée et enseignée. Certaines ont déjà fait leurs preuves, telles que la CFTMEA, pour les enfants et les adolescents, qui a été à plusieurs reprises utilisée dans des études épidémiologiques et comporte d’ailleurs un tableau d’équivalence avec la CIM 10. Parallèlement, l’utilité d’une classification adaptée à la clinique sera débattue et ses fondements envisagés.

5/ Il est indispensable de distinguer les besoins et les enjeux spécifiques, qui sont aujourd’hui confondus ou emmêlés. Les critères utiles ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit :

Des administrations

Des enquêtes épidémiologiques et des orientations en santé publique

De la pratique clinique et thérapeutique

De la recherche et de l’enseignement.

Cette reprise d’une élaboration scientifique ne signifie pas un retour au passé. Elle exige de tenir compte, en les subsumant, des apports de la psychopharmacologie et des neurosciences, qui permettent de mieux départager les médiations organiques, et la causalité psychique. Il s’agit d’autant moins d’un retour à la nosographie classique, qu’il faut prendre en considération une clinique comparative avec les apports d’autres cultures, de même qu’il faut évaluer les changements dans les modes de vie qui font apparaître des manifestations symptomatiques plus évidentes que dans le passé. De telles études permettront de fonder des critères cliniques valables universellement.
 

Ouvrages de référence :

Allen, Frances, « À propos des 19 "propositions" du DSM V », La lettre de Psychiatrie Française, N° 194, sept 2010).

Bazalgette, Gérard, La tentation du biologique et la psychanalyse. Le cerveau et l’appareil à penser, Toulouse, érès, 2006

Besse, A. « L’AFPEP et son action internationale », Bulletin de l’AFPEP, janvier 2011

Cosgrove, L. ; Krimsky, S. ; Vijayaraghavana, M. ; Schneider, L. “Financial ties between DSM-IV panel members and the pharmaceutical industry”, Psychotherapy and Psychosomatics, vol. 3, University of Massachusetts, avril 2006, traduction française : « Liens d'intérêts financiers entre comité d'experts du DSM-IV et industrie pharmaceutique », José Morel Cinq-Mars, Tristan Garcia-Fons et Francis Rousseau).

Decorpaliada, Marco, Shizométrie, petit manuel de survie en milieu psychiatrique EPEL 2010, Gori R. ; Del Vogo. M.-J. La santé totalitaire, Paris, Denoël, 2005

Gori, R. ; Del Vogo, M.-J. Exilés de l’intime, LA médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique, Paris, Denoël, 2005

Gori, R. De quoi la psychnalyse est-elle le nom ? Paris, Denoël, 2010

Kirk, S. ; Kutchins H. Aimez-vous le DSM ?, le triomphe de la psychiatrie américaine, Synthélabo, 1998.

Lussier, Martine, Le travail du deuil, Paris, Puf, Le fil rouge, 2007.

Kernberg, Otto F. Les troubles graves de la personnalité : stratégies thérapeutiques, Paris, Puf, 1989.

Lane, Christopher, Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions, Paris, Flammarion, 2009 sur la « fabrication » des dernières catégories).

Malaval, J.-C. « Limites et dangers des DSM », L’évolution psychiatrique, 68, 2003, p. 39-61

CLASSIFICATIONS ne répondant pas aux critères DSM :

- Classification du Pr. Misès : C.F.T.M.E.A. édition CTNERHI 2002

- Le P.D.M. américain : Interdisciplinary concil of Developmental & learnings disorders 2006

- O.P.D. allemande : Hogrefe & Huber 2000.


POUR SIGNER CE MANIFESTE, VOUS POUVEZ CLIQUER SUR CE LIEN :

 http://initiative-arago.org/fr/


JUIN 2012
Congrès de la FONDATION EUROPEENNE pour la PSYCHANALYSE

 

BARCELONE

Gallery Hotel - Calle Roselló 249 - 08008 Barcelone

 

du vendredi 8 juin 2012 à 14h45 au dimanche 10 juin 2012 à 14h30

 

Avec quel inconscient travaillons-nous ?

Reprendre un questionnement sur l'inconscient constitue aujourd'hui une nécessité. Les dernières décennies ont vu en effet se multiplier des pratiques thérapeutiques prétendant chacune à la plus grande efficacité, tout en étant – est-ce un paradoxe ? - de plus en plus empiriques. Mais comment pourraient-elles avoir la moindre pertinence, puisqu'elles espèrent guérir un sujet en commençant par méconnaître l'inconscient qui le détermine, et détermine donc aussi le symptôme qu'elles prétendent soigner ?

Il est vrai d'ailleurs qu'à leur refus de savoir nous ne pouvons pas opposer ce qui constituerait une connaissance articulée, démontrable, expérimentable. Freud,  lorsqu'il reconnut la nécessité de laisser sa place à l'inconscient, en fit une hypothèse nécessaire. L'inconscient, par définition, n'est l'objet d'aucune perception, mais il faut le supposer à partir de ses effets, qui eux sont incontestables.

Nous ne prenons sans doute plus les choses ainsi aujourd'hui. Plutôt que supposé, l'inconscient nous apparaît réel – c'est du moins une formulation à laquelle Lacan en vint à la fin de sa vie. Cette définition invalide-t-elle, cependant, celles qui furent données précédemment, y compris par Lacan lui-même ? Sans doute pas, d'autant que pour nous la question est moins ontique (quel serait l'être de l'inconscient), que pratique et éthique (avec quel inconscient travaillons-nous ?).

Comment concevoir l'inconscient s'il est vrai que l'équivoque, plutôt que le sens, peut soulager le sujet de symptômes qui le handicapent ? Mais aussi comment le concevoir si pour chacun un noyau irréductible semble résister à toute interprétation, de sorte que l'analyse, qui permet au sujet seulement de s'en approcher, le laisse aussi devant la responsabilité de donner une issue un peu moins cruelle à ce qui commande son destin?

Comité scientifique des journées : Graziella Baravalle (Barcelone), Juan Bauza (Barcelone), Bernard Brémond (Nantes), Gorana Bulat-Manenti (Paris), Luigi Burzotta (Rome), Jorge Cacho (Saint Sébastien), Roland Chemama (Paris), Patrick de Neuter (Bruxelles), Claude Dumézil (Paris), Marcelo Edwards (Barcelone), Christian Hoffmann (Paris), Silvia Lippi (Paris), Vannina Micheli-Rechtman (Paris), Claude-Noële Pickmann (Paris), Gérard Pommier (Paris), Claus Rath (Berlin), Alain Vanier (Paris), Maria Vilma Schwarz (Barcelone), Jean-Jacques Tyszler (Paris), Johanna Vennemann (Kassel, Rome), Silvia Yankelevich (Madrid).

Comité d’organisation des journées : Graziella Baravalle, Gorana Bulat-Manenti, Luigi Burzotta, Roland Chemama, Marcelo Edwards, Christian Hoffmann, Gérard Pommier, Claus Rath, Silvia Yankelevich.

Renseignements pratiques : Les frais d’inscription au Congrès sont de 80 euros, 50 euros pour les membres de la Fondation, 30 euros pour les étudiants, à payer sur place ou par chèque adressé à Fondation européenne pour la psychanalyse, 13 rue Monge, 75005 Paris. Un virement peut également être effectué. Virement France : Fondation Européenne pour la Psychanalyse, code banque 30004, code guichet 01669, numéro de compte 00010040693, clé RIB 55. Virement étranger : Numéro de compte international (IBAN): FR76 3000 4016  6900 0100 4069 355 ; BIC (Bank identification code) : BNPAFRPPPBY

Les personnes qui souhaitent participer au déjeuner sur place le samedi 8 (30 euros) et au dîner le même jour sont priés de le faire savoir avant le 30 avril.

De même les propositions de communication, doivent être faites aussitôt que possible, et un titre donné avant le 30 avril. Les communications se feront en français ou en espagnol. Les intervenants devront envoyer une traduction de leur texte dans la langue qu’ils n’emploient pas, en présentation Powerpoint, quinze jours avant le congrès à Marcelo Edwards (marceloedwards@movistar.es), et se munir au moment du Congrès d’une clé USB, contenant cette traduction.

Il est recommandé de procéder rapidement aux réservations de vols et d’hôtels. Outre l’hôtel Gallery, on trouvera aux alentours plusieurs hôtels de deux ou trois étoiles (voir par ex : booking.com)

Des renseignement supplémentaires peuvent être demandés à Marcelo Edwards, ou à Roland Chemama (roland.chemama@wanadoo.fr)

Une assemblée générale des membres de la Fondation suivra immédiatement la séance de travail du samedi après-midi.

 

COLLOQUE PARISIEN

Une après-midi introduisant quelques uns des thèmes du Congrès est par ailleurs proposée à Paris

Université Paris Diderot-Paris 7

Salle 575F Halle aux farines, 10 rue Françoise Dolto 75013

 

le 7 janvier 2012 de 14h30 à 17h30

 

participation aux frais de 10 euros

 

Modérateurs : Roland Chemama et Christian Hoffmann

Discutant Alain Vanier

Hélène Godefroy : Einfall : l’inconscient saisi en cure

Gérard Pommier : La temporalité du désir fonde l’inconscience

Arlette Pellé : Les formations de l’inconscient sont-elles solidaires du discours dominant

Claude-Noële Pickmann : L’inconscient freudien : une structure paradoxale

 


CRITIQUE de la CURE, du CONCEPT, et de L’INSTITUTION

Séminaire animé par Bernard Brémond, Claude Dumézil et Dominique Lecoq


2011-2012

« Avec quel inconscient travaillons-nous ? »

Si l’inconscient peut être reçu comme le concept fondateur de la découverte freudienne, Lacan, tout en reconnaissant qu’il n’était pas possible de s’en passer, trouvait le terme mal choisi, le poussant même à l’équivoque de « l’une-bévue », et, dans un dernier mouvement de sa théorisation, orientant la conduite de la cure vers la dimension du réel.

La question [1] qui soutiendra notre travail de l’année porte en elle la tension et la division dont chaque sujet (analysant, analyste) est le lieu, en même temps qu’elle ouvre, dans son extension, aux effets repérables dans les agencements collectifs actuels.

Elle offre à la démarche critique sa double polarité :

    -Quelle conception de l’inconscient est à l’œuvre dans notre pratique clinique, théorique, et institutionnelle ?

       -Comment l’inconscient du psychanalyste travaille-t-il ?

 

[1] C’est le titre du prochain congrès de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, En juin 2012  à Barcelone.

 

A 21h

9 novembre, 14 décembre 2011,

11 janvier, 11 avril, 9 mai et 13 juin 2012

au

FIAP (salle ROME)

30 rue Cabanis 75014 Paris

 (Participation aux frais : 10€)

 

Ce séminaire, qui s’inscrit aussi comme activité régulière de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, fait désormais suite au mouvement intitulé « Pourtour », inauguré le 2 juillet 2011.

 

le 9 novembre 2011

Claude Dumézil

Qu’est-ce qui rend  l’INCONSCIENT  inconscient ?

Les concepts lacaniens de sujet et de réel viennent en contrepoint des notions de moi et de réalité extérieure dont la confrontation serait à l’origine du refoulement selon la première topique freudienne.

A cette interprétation systémique de l’inconscient dans le fonctionnement de l’appareil psychique, Lacan ajoute  une conception structurale dans ce qu’on a pu appeler « l’ordre du discours ».

J’examinerai :

- la question de la place de l’inconscient et de ses formations dans cet ordre, et dans quel ordre : comme cause ou comme effet.

- ainsi que les incidences de ces dynamiques sur la pratique de la psychanalyse et sur sa transmission.

 

le 14 décembre 2011

Bernard Brémond

L’inconscient : rejetons ou formations ?

Freud exigeait du psychanalyste que sa cure l’ait convaincu de l’existence de l’inconscient. Cette conviction peut-elle jamais être acquise, et la pratique des psychanalystes en porte-elle le témoignage ?

 

Le 11 janvier

Dominique Lecoq

Un radical oubli.

 
 


Critique de la cure, du concept et de l’institution

Séminaire animé par Bernard Brémond, Claude Dumézil et Dominique Lecoq

2010-2011

 


ATTENTION – CHANGEMENT DE LIEU

A l’U.S.I.C., 18 rue de Varennes, 75007 PARIS (Code: 3471)

SALLE 19 (Escalier B, 1er étage droite)

 

La fiction (sous les trois orthographes et acceptions proposées l’an passé) poursuit son œuvre critique sur le déploiement du transfert rapporté aux dimensions (ou dit-mensions) de la cure, du concept et de l’institution.

En quoi le recours à la notion de transfert permet-il de rendre compte de ce qui s’inaugure dans le travail de la cure, et en quoi vient-il recouvrir le trou qui marque la présence du réel ?

Pourquoi le transfert se décline-t-il selon des modes générant des équivoques plus fortes quand il s’adorne « d’amour » ou « de travail » ? Et pourquoi ce transfert que l’on sait voir dans la cure en tant qu’institution devient-il si problématique à saisir dans les institutions analytiques ?

Peut-être l’articulation au réel, et les effets de jouissance qui s’y attachent, méritent-ils d’être interrogés pour qu’une théorisation critique - entre impuissance et impossible - puisse se faire entendre à partir de la pratique de l’analyse.

Le travail, accompli durant le premier semestre de l’année, permet d’avancer que la question du « sujet supposé savoir » s’est déplacée sur les effets de réel que porte la jouissance généralisée, structurant les organisations humaines. Le transfert, dans sa réception actuelle, témoigne de ce déplacement qui affecte la sexualité, le corps, mais aussi les repérages normatifs habituels. Il appelle à un effort critique, permettant de penser ce qui soutient la demande contemporaine d’analyse. Ce mouvement, perceptible dans les cures mais aussi dans les crises qui affectent la société, sera interrogé durant le second semestre de notre séminaire.

 

Le mercredi 8 juin :
« Comment opèrent les concepts dans la cure et dans l'institution »

Claude Dumézil

 

Le mercredi 11 mai, 21h :
« Les faits du dire »

Dominique Lecoq
 




Colloque de la Fondation européenne pour la psychanalyse

 

à l’hôpital Sainte-Anne à Paris

 


(amphithéâtre Raymond Garcin, entrées 2 rue d’Alésia ou 1 rue Cabanis, 75014 Paris)

 

le 28 mai 2011, de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h

 

et le 29 mai de 9h30 à 13h

 

A quel réel répond le discours psychanalytique ?

 

Cette question a un présupposé, qui ne va pas de soi aujourd’hui. Dans le climat idéologique contemporain, les discours sont jugés à l’aune de leur vraisemblance et de leur supposée efficacité, plutôt que d’être confrontés au réel dont ils procèdent ou à celui qu’ils pourraient éclairer.

Le réel auquel renvoie la psychanalyse, c’est d’abord celui de l’inconscient. Mais ce qui pour nous constitue une évidence ne peut être soutenu qu’à travers un discours qui permette de le rendre appréhendable. Ce n’est d’ailleurs pas là seulement une contrainte sociale. La pratique de la cure elle-même ne nous fait atteindre ce réel – fût-il situable hors chaîne de discours  – qu’à travers une pratique de parole et de langage. C’est le cas par exemple dans l’analyse du rêve, où le déchiffrage d’un désir vient faire pièce à la jouissance muette du réel qui s’y inscrit.

Reste qu’aujourd’hui, moins encore que naguère, la psychanalyse ne peut se désintéresser d’un autre réel, le réel social dans lequel le sujet se trouve pris. Si Lacan a pu dire que « l’inconscient c’est la politique » c’est que l’écho des bouleversements du vingtième siècle résonnait dans les cures que l’analyste avait à conduire. La situation d’aujourd’hui est certes différente. Mais l’ultra-libéralisme et les idéologies qui l’accompagnent ne sont pas sans effets subjectifs.

Un dernier questionnement concerne ici la question de ce que nous désignons comme « discours de la science ». Peut-être sommes nous allés un peu vite lorsque nous avons, à travers cette thématique, contribué à donner l’image d’une forme de pensée qui entraînait nécessairement une « forclusion » du sujet. Mais si la science a son propre réel, auquel elle s’affronte, la frontière est parfois mince, dans le champ de ce qu’on appelle sciences humaines, entre science et idéologie. Et que dire de la psychiatrie contemporaine, qui se cantonne  à une démarche empiriste et pragmatique ?

 

Responsables du colloque : Roland Chemama et Christian Hoffmann

 

Samedi 28, matin : Président de séance Alain Vanier

9h30 accueil

9h45 Roland Chemama : Introduction aux journées

10h15 Marcel Czermak : Théorie des pulsions et scientificité de la psychanalyse

10h45 Moustapha Safouan : discussion de l’intervention de Marcel Czermak

11h15  discussion générale

11h30 pause

11h45 Jacques Leibowitch, immunologiste, professeur émérite à l’Université de Versailles-Saint Quentin, attaché à l’hôpital Raymond Poincaré : Le réel, la science et le petit médecin

12h15 discussion générale

 

Samedi 28 après-midi : Président de séance Claude Dumézil

14h30 Sidi Askofaré : Entre science et politique : du réel de la psychanalyse

15h discussion

15h15 Gérard Pommier : La conscience du réel

15h45 discussion

16h pause

16h15 Gorana Bulat-Manenti : Les universaux de la théorie et le singulier du sujet dans la cure

Ljiljana Filipovic, professeur associé de psychanalyse du théâtre et du cinéma à Zagreb : Out, damned spot! Out, I say!

Et discussions

17h15 Luigi Burzotta : Le fragment toujours manquant de discours, dont les débris ressortent dans ce savoir qui tisse et file

17h45 discussion

 

Dimanche 29 matin : Président de séance Roland Chemama

9h30 Silvia Yankelevich (Madrid) : Écoute des enfants, la leçon du sujet

10h Graziella Baravalle (Barcelone) : Sur le discours capitaliste

10h 30 Laura Kait (Barcelone): Seuils des psychanalystes. L'expérience d'Umbral, une psychanalyse au social

11h discussion

11h15 pause

11h30 Fethi Ben Slama : Soudain la révolution

12h discussion

12h 15 Patrick Landman : La part du sujet et/ou du réel dans le discours analytique et son impact sur la psychiatrie actuelle

12h45 discussion et clôture des journées par Christian Hoffmann

*

Inscription sur place, 60 euros, membres de la fondation 40 euros, étudiants 20 euros

ou en écrivant à la Fondation Européenne pour la Psychanalyse

13 rue Monge, 75015 Paris

L’inscription à un diner-buffet sera également proposée le samedi 28 mai

Contact : fondeuropsy@gmail.com

 


Critique de la cure, du concept et de l’institution


Séminaire animé par Bernard Brémond, Claude Dumézil et Dominique Lecoq

À l'Institut Protestant de Théologie

83, Boulevard Arago, 75013 PARIS

 

2010 -2011

La fiction (sous les trois orthographes et acceptions proposées l’an passé) poursuit son œuvre critique sur le déploiement du transfert rapporté aux dimensions (ou dit-mensions) de la cure, du concept et de l’institution.

En quoi le recours à la notion de transfert permet-il de rendre compte de ce qui s’inaugure dans le travail de la cure, et en quoi vient-il recouvrir le trou qui marque la présence du réel ?

Pourquoi le transfert se décline-t-il selon des modes générant des équivoques plus fortes quand il s’adorne « d’amour » ou « de travail » ? Et pourquoi ce transfert que l’on sait voir dans la cure en tant qu’institution devient-il si problématique à saisir dans les institutions analytiques ?

Peut-être l’articulation au réel, et les effets de jouissance qui s’y attachent, méritent-ils d’être interrogés pour qu’une théorisation critique - entre impuissance et impossible - puisse se faire entendre à partir de la pratique de l’analyse.

 

Le mercredi 12 janvier 2011 à 21h :

« Aspects structuraux et dynamiques du transfert »

Claude Dumézil
 

Le mercredi 8 décembre 2010 :

« L’impossible sujet : de l’hapax au réel »

Dominique Lecoq
 

Le mercredi 10 novembre 2010 :

« Critique du transfert : entre impossible et fiction, un amour »

Bernard Brémond

 

Le mercredi 9 mars 2011 : Bernard Brémond

Le mercredi 11 mai 2011 : Dominique Lecoq

Le mercredi 11 juin 2011 : Claude Dumézil

 


Séminaire parisien de la Fondation européenne pour la psychanalyse

Journée préparatoire au congrès sur l’Inconscient 

 

Le prochain congrès de la Fondation européenne pour la psychanalyse abordera la question de l’inconscient. Celle-ci prend une actualité nouvelle dès lors que les pratiques psychothérapeutiques les plus diverses tentent de contourner cette dimension Autre de l’existence humaine. Seule la psychanalyse maintient de façon radicale l’existence de l’Inconscient, elle en fait une instance et non une simple qualité d’un élément psychique, et c’est dans doute ce qui lui donne sa pertinence.

Il faut convenir en même temps que nous n’avons peut-être pas tous la même idée de ce que nous appelons Inconscient. Cependant, au moins pour les lacaniens, les inflexions de notre approche se déploient dans un champ commun dont il y aurait surtout à préciser certaines coordonnées.

Dans le séminaire parisien, que nous reprenons à l’École Normale Supérieure, il s’agira d’aborder le thème de l’inconscient à partir de l’idée que dans toute élaboration analytique un peu conséquente il y a une présupposition, explicite ou implicite, concernant l’Inconscient. Nous pourrons alors, à l’occasion de la publication de divers ouvrages, écrits par nos membres ou par d’autres analystes, interroger leurs auteurs sur ce qu’ils auraient à en dire.

 

Première séance de séminaire le SAMEDI 16 OCTOBRE 2010

de 9h30 à 12h et de 14h à 18h30, à l’École normale supérieure,
amphithéâtre Rataud, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.

Modérateurs et discutants : G. Baravalle, L. Burzotta, R. Chemama, C. Hoffmann, S. Lippi, C-N. Pickman, V. Micheli-Rechtman,  M. Safouan.

  

Clinique contemporaine et formation de l’analyste 

9h30 : présentation et discussion du dossier clinique Vous avez dit dépression, publié dans La clinique lacanienne n°17, table ronde avec M. Berges-Bounes, G. Bulat-Manenti, R. Chemama,  I. Floc’h, F. Gorog, C. Hoffmann, Ch. Lacôte-Destribats, J-P. Lehmann, M. Lerude, G. Pommier, J-J. Tysler, B. Vandermersch

14h : présentation et discussion du livre Le trait du cas, de C. Dumézil et.B. Brémond, table ronde avec les auteurs.

16h : présentation et discussion du dossier sur Les formations de l'analyste, publié dans Figures de la psychanalyse, n°20, avec A. Hachet, C. Hoffmann, S. Parmentier, C.-D. Rath, M. Safouan, J. Sédat, R. Turcanu.

 

Inscriptions sur place, 50 euros, Membres de la fondation, 30 euros, étudiants, 20 euros.

 
 



8e Congrès de la F.E.P.

Naples - 30, 31 Octobre et 1er Novembre 2009

L'idéalisation

 

La notion de l’idéal est apparue très tôt dans la théorie psychanalytique. Rappelons le couple « idéal du père » - « père idéal » et celui de « idéal du moi » - « moi idéal ».

Est ce que ces deux couples sont identiques ? Sinon, où réside leur différence ?

Place-t-on le premier terme de chacun de ces couples dans le registre du symbolique, le deuxième dans celui de l’imaginaire ? Quelle est la part du réel dans cette affaire ?

Le substitut paternel est sans doute l’instance où le moi réel trouve son correspondant idéal. Quelle est la part de l’objet libidinal dans le frayage du chemin qui va de l’un à l’autre ?

Est ce que les « ravages de l’Oedipe » sont dus à la « carence paternelle » ou bien à l’idéalisation qui satisfait au narcissisme du désir et qui motive le refus de ladite carence ?

Le sujet supposé savoir est un fait de structure. Son rapport à l’idéalisation est indéniable, puisqu’il motive le transfert. Quel est ce rapport ?

L’idéalisation est néanmoins une dimension qui préside à la constitution de toute discipline scientifique, de la géométrie euclidienne à la linguistique, en passant par la physique. De lors, est ce que l’éthique de bien concevoir, donc de bien dire, ne constitue pas le moyen le plus sur, sinon le seul, de se déprendre de l’idéalisation dont se nourrit le narcissisme ?

Moustapha Safouan

 

Centro Congressi Federico II, Via Partenope 36 Aula A

 

Vendredi 30 octobre 2009 9h00  Inscriptions

9h30  Paola Caròla e Luigi Burzotta: Introduction et Présentation

Carence du père, amour du Père idéal,

 qu’en est-il aujourd’hui des « ravages de l’Œdipe » ?       Président  Mario Bottone

10h30: Christian Hoffmann    L'un et l'universel       

11h00: Maria Carmela Gurnari  Caterina: il rapporto col fallo, il rapporto con Dio

11h30: Luis Tarragona    La psychose et l'idéalisation

12h00: Nabile Farès   À propos du Moïse "de" Freud

Le sens de l’idéalisation                         Président  Patrick Landman

15h30: Renata Barbieri       L’ideale in maschera

16h00: Francisco Rengifo   Transmission idéale, transmission impossible

16h30: Silvia Pilati    Idealizzazione e razzismo

17h00: Moustapha Safouan    Idéal et essence

 

Centro Congressi Federico II, Via Partenope 36 Aula Magna

 

Samedi 31 octobre 2009

Y- a -t -il de nouvelles idéalisations ?       Président   Vannina Micheli-Rechtmann

9h30 : Roland Chemama   L'ambiguïté des idéalisations  dans la clinique contemporaine

10h00: Rosa Guitart-Pont    L’idéalisation dans l’art et la science contemporains

10h30: Laurence Croix   De l'idéalisation meurtrière dans nos sociétés dites libérales

11h00 : Maria Pia Marangon  Il dono

11h30: Gérard Pommier   Les nouveaux idéaux

Idéalisation, destitution – désidéalisation        Président Rossella Armellino

dans la cure  psychanalytique

15h00: Amalia Mele    Ideale e fine analisi

15h30 : Bernard Bremond     Une pratique sans idéal

16h00: Claus-Dieter Rath   Wo Es war. Idealiazzioni e desidealizzazioni dell’io

16h30: Gorana Bulat-Manenti  Duplicité paternelle et la question de l'idéal dans l'analyse

17h00 : Claude-Noële Pickmann  Le pas du pastout et la destitution de l'idéal en fin de cure

20h30 : Dîner    La bersagliera (Par réservation)

 

Dimanche 1er novembre 2009

Peut-on vivre sans idéaux ?                                Président Claude Dumézil

10h00: Hélène Godefroy         S'agit-il d'une nouvelle clinique ?

10h30: Giampiero Belli           Io ideale e Ideale dell’io nei  racconti fiabeschi

11h00: Silvia Lippi                 Icaro e il padre

11h30: Rosa Navarro Fernández   Aurore d'idéaux

12h00:  Luigi Burzotta            L’amore ideale nella strategia ossessiva

 

Inscription au colloque  par virement bancaire d’euro-100,00 [euro-80,00 pour les membres  de la  FEPP; euro-50,00 pour les étudiants] au compte de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, Banca Monte dei Paschi di Siena: IT 51 I 01030 05141 000 00 110 6515 Code SWIFT: PASCITM1385

Traduction simultanée                       

 burzott@tin.it

 

HOTELS

Hotel Royal Continental ****, Via Partenope, 38/44. Tel.+39 0812422068 – Fax. +39 0817645707

Grand Hotel Santa Lucia ****, Via Partenope, 46. Tel +39 0817640666 – Fax. +39 0817648580

Hotel Excelsior *****, Via Partenope, 48. Tel. +39 0817643180 – Fax. +39 0817644238

Grand Hotel Vesuvio *****, Via Partenope, 45. Tel. +39 7643180 – Fax.+39 0817644238

Hotel Palazzo Alabardieri ****, Via Alabardieri, Tel.+39 081415278 – Fax +39 08119722010

Hotel San Francesco al Monte ****, C.so Vittorio Emanuele, 328 (0,1 km), Tel. +39 0814239111 – Fax. +39 0812512485

Hotel Art Resort Galleria Umberto ****, Galleria Umberto 1, 83 (0,2 km), Tel. +39 0814976224

Hotel H2C ****, Via Nuova Marina, 8 (0,3 km). Tel. +39 08119808650 -  Fax. +39 0815518010

Hotel Palazzo Turchini ****, Via Medina 21/22 (0,5 km). Tel. +39 0815510606- Fax. +39 0815521473

Hotel Mercure Angioino, Via De Pretis, 123 (0,5 km). Tel. +39 0814910111 – Fax. +39 0815529509

Hotel Jolly *****, Via Medina, 70 (0.5 km). Tel. +39 081410511 – Fax. +39 0815518010

Hotel Toledo ***,Via Montecalviario, 15 (0.2 km). Tel.Fax. +39 081406800

Hotel Principe Napolit’amo ***, Via Toledo 148 (0.3km). Tel.Fax. +39 0815523626

Hotel Romeo *****, Via Cristoforo Colombo, 45 (0. 8km) Tel. +39 0810175001

Hotel NH Ambassador ****, Via Medina, 70 (0.6 km) Tel. +39 0814105111

 

Bed &Breakfast

Bed & Breakfast Areamare, viale Gramsci, 30 (0,9 km). Tel.Fax. +39 0817612739

Bed & Breakfast Platamon, Via Chiatamone, 55 (alle spalle) Tel. +39 0817643203

Bed & Breakfast Chiatamone, Via Chiatamone, 6 (alle spalle) Tel. +39 0810608129 – Fax. +39 0813615809

Residenza Echia (monolocali per 1 o 2 persone), Via Chiatamone, 37. Tel. +39 3349072597 – Fax. +39 0817642974

Erika Piscopo papillon.de.cristal@gmail.com









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