Présentation de
la situation au 20 janvier 2004
Claude
Landman
19/02/2004
Ainsi qu’il l’avait laissé entendre lors
de son audition du 7 janvier dernier devant la Commission des Affaires
sociales du Sénat, le Ministre de la Santé, a
déposé au nom du Gouvernement,
l’amendement suivant :
« L’usage du titre de psychothérapeute
est réservé aux professionnels inscrits au
registre national des psychothérapeutes.
L’inscription est enregistrée sur une liste
dressée par le représentant de
l’État dans le département de leur
résidence professionnelle.
Sont dispensés de l’inscription les titulaires
d’un diplôme de docteur en médecine, les
psychologues titulaires d’un
diplôme d’État et les psychanalystes
régulièrement enregistrés dans les
annuaires de leurs associations.
Les modalités d’application du présent
article sont fixées par décret. »
Cet amendement a été adopté par 198
voix contre 117.
Sera-t-il la version définitive de l’article 18
quater ? Cela est peu probable.
Les déclarations de Jean-François Mattei du 7
janvier laissent penser que ce texte pourra être encore
modifié : « Je ne suis pas certain que nous
pourrons, au Sénat, aboutir à une
première lecture ferme et définitive.
Probablement, nous devrons aboutir à une seconde
rédaction avant de voir comment elle est reçue
par les uns et les autres »
Quoiqu’il en soit, notre Association, qui restera attentive
à la suite du débat ainsi qu’aux
décrets d’application,
apprécie grandement que le Gouvernement soutenu par une
majorité de sénateurs ait reconnu :
1) que la psychanalyse est une discipline spécifique,
« laïque » au sens où Freud
l’entendait ;
2) que la psychanalyse en France joue un rôle
éminent grâce à l’enseignement
de Lacan ;
3) que les associations de psychanalyse sont seules
habilitées à la formation et à la
qualification de leurs membres. Leur position s’en trouve
renforcée.
4) L’autorégulation de la « profession
» selon des modalités qui restent à
définir mais qui pourraient se réduire au strict
minimum : un secrétariat des associations de
psychanalyse, représentatif et renouvelable
régulièrement, n’ayant pour seule
fonction que celle de faire valoir en cas de
nécessité:
— qu’un psychanalyste a été
sérieusement formé (psychanalyse personnelle,
contrôles, travaux divers, séminaires, etc.)
— qu’une association qui verrait le jour ne serait
pas une association « charlatane » : la
référence à Freud en serait un des
critères décisifs.
La très grande majorité des associations
psychanalytiques, lacaniennes ou pas, devrait prendre une position
très voisine de la nôtre :
Rien n’est encore joué mais il convient
déjà de mesurer l’importance des
changements qui se sont produits dans les rapports entre les
associations psychanalytiques qui ont défendu ensemble ce
qui leur est apparu comme un bien commun : la psychanalyse
laïque telle que Freud l’a définie.
Les conséquences de cette « crise »
peuvent s’avérer à l’avenir
intéressantes, rejoignant le souci de l’A.L.I.
de faire valoir que la psychanalyse comme discipline se fonde sur le
repérage d’un objet qui la spécifie.
Les prochaines journées du Conseil scientifique les 7 et 8
février : "Signifiant, lettre, objet ; avec quoi travaillons-nous ?" en seront une indication.