Gorana Bulat -Manenti

Fantasme inconscient et choix d’objet : Un cas de sexualité masculine




« S'il est un instant, quelque part où l'homme peut perdre de vue la présence de l'objet tiers, c'est précisément dans ce moment évanouissant où il perd, parce qu'il défaille, ce qui n'est pas seulement son instrument, mais pour lui comme pour la femme, l'élément tiers de la relation » remarque Lacan dans La Relation d’objet1.

Le concept du fantasme est central dans la découverte freudienne et sa place est tout à fait capitale dans une cure. Il ne se situe pas du côté de la logique classique, ni de la perception, c’est seulement dans la cure qu’il peut être progressivement formulé. La psychanalyse le découvre en tant que masque de l’horreur d’un savoir sur la différence des sexes. C’est cette angoisse de castration (de la mère, et ensuite de la sienne) qui obture le sujet, dans un mouvement où la baudruche du moi le pousse, gonflée par la pulsion, à céder sur son désir.

À partir d’un cas clinique que je vais aborder « de biais », puisque l’interrogation concernant les soucis d’impuissance s’est présentée secondairement chez ce jeune analysant, je vais essayer d’exposer quelques effets du travail analytique effectué. Le patient en question est un homme jeune et beau, artiste confirmé, se plaignant de nombreuses phobies et surtout se disant très peu enclin aux plaisirs du sexe. Cet état semblait attester l’idée répandue, qu’il connaissait d’ailleurs, selon laquelle il existerait une contradiction entre la sublimation et la sexualité, deux destins pulsionnels différents, certes, mais pas obligatoirement incompatibles. Ainsi, après avoir longuement décrit les diagnostics médicaux quant à sa santé fragile, il affirma être beaucoup plus intéressé par son travail de sculpteur, que par le corps de sa jeune et jolie femme qui le laissait de « marbre ». Il parla ainsi de son « impuissance », puisque, pour la plupart, ses tentatives d’avoir des relations sexuelles étaient vouées à l’échec. Lacan note que la défaillance phallique prend valeur toujours renouvelée d'évanouissement de l'être du sujet. » Ce qui présente l'essentiel de l'expérience masculine, et ce qui fait comparer cette jouissance à ce qu'on appelle le retour de la petite mort. Cette fonction évanouissante est beaucoup plus directement éprouvée dans la jouissance masculine, » ce qui donne au mâle le privilège d'où est sortie l'illusion de la pure subjectivité »2.


Étonnamment, lors des recherches des causes de la stérilité de ce couple (postmodernité oblige) la question de la fréquence et même de l’existence des rapports sexuels n’a jamais été posée, les examens biologiques étant seuls convoqués pour donner une réponse scientifique à la non venue d’une progéniture désirée. Le patient lui-même n’en faisait pas mention, et c’est plusieurs mois après le début du travail analytique que l’aspect sexuel de la situation fut examiné.


L’oubli concernant l’importance de la vie sexuelle dans la procréation était de taille. Cette omission confirmait, me semble-t-il, la pertinence et l’actualité du concept freudien des « théories sexuelles infantiles »3, prévalentes dans le fonctionnement postmoderne, où le lien social est basé sur la perversité pulsionnelle polymorphe, qui exclut le féminin et vise à économiser la fonction de castration. Selon l’observation de Freud, ces théories sont forgées par l’enfant, devant l’angoisse de la castration de la mère, mais doivent être surmontées dans l’entrée de l’âge adulte avec l’acceptation du roc de la castration pour les garçons et le renoncement au désir de pénis pour les filles.

Les enfants méconnaissent l’existence du vagin ainsi que la possibilité du rapport sexuel avec la génitalité adulte. A la question capitale « d’où viennent les enfants » la réponse imaginée ignore le rôle de la sexualité génitale, la relation sexuelle entre un homme et une femme. L’enfant invente donc une réponse qui le mettra à l’abri de la fonction de la castration, qui va le protéger du danger qu’elle présente pour lui, ce qui va lui permettre d’éviter la représentation de l’absence de pénis chez la femme, chez la mère. Les enfants sont persuadés que la mère est aussi porteuse de pénis (rappelons-nous du petit Hans qui dit à sa mère : « Si tu as un fait-pipi, tu dois avoir un très grand fait-pipi, un fait-pipi comme un cheval ». Freud considère que la connaissance des théories sexuelles infantiles est indispensable à la compréhension de la conception des névroses où les théories infantiles ont encore cours et prennent une part déterminante dans la formation des symptômes, constatation pleinement vérifiée dans notre cas. Il est clair que ce n'est pas tout à fait la même chose si l'enfant par exemple est pour la mère la métaphore de son amour pour le père, ou s'il est la métonymie de son désir du phallus qu’elle n’a pas et qu'elle n'aura jamais ce qui implique que ce n'est pas en tant que phallophore qu'il est métonymique, mais en tant que totalité.

Mon patent se disait donc « impuissant : » Lorsque j’essayais de faire l’amour avec ma femme, tout d’un coup, au lieu d’avoir une éjaculation normale, je sentais mon corps entier se liquéfier, je me sentais disparaître dans la sueur… J’éjaculais par mon corps, de la tête aux pieds… J’avais peur », apporte le jeune homme dans une des séances.

La fonction, celle de la détumescence, peut représenter en elle-même le négatif d'une certaine jouissance. D'une jouis­sance devant laquelle le sujet se dérobe, pour autant précisément que cette jouissance est trop cohérente avec la dimension de ce qui est perçu dans l'acte sexuel, comme menace. »Toutes ces précipitations du sujet au regard de cet au-delà nous permettent de concevoir que ce n'est pas sans fondement que, dans ces achoppements, ces lapsus de l'acte sexuel, se démontre précisément ce dont il s'agit dans le complexe de castration, à savoir : que la dé­tumescence est annulée comme bien en elle-même, qu'elle est réduite à la fonction de protection plutôt, contre un mal re­douté, que vous l'appeliez jouissance ou castration, », note Lacan. Nous savons que le nom se symbolisant dans l’acte, l’idée de la défaillance d’un personnage paternel relève de l’angoisse éprouvée face à l’acte. Passif, le sujet glisse dans le vide incestueux maternel, l’angoisse de la castration rejoignant celle de son propre acte, l’effort dont le père devrait l’épargner.  J. Lacan, dans le Séminaire Les Formation de l’Inconscient indique, par exemple, l’importance d’examiner dans la cure « comment le sujet a pris position d'une certaine façon à un moment de son enfance sur le rôle que joue le père dans le fait que la mère n'a pas de phallus ». Il ajoute que ce moment n'est jamais élidé.

C'est un point-repère de savoir quelle est la configuration spéciale du rapport à la mère, au père, et au phallus, qui fait que l'enfant n'accepte pas que la mère soit privée par le père de l'objet de son désir . Dans quelle mesure, faut-il dans tel cas pointer qu'en corrélation avec ce rapport, l'enfant maintient son identification au phallus ? Lacan parle du schéma premier de la notion de l'entrée dans le complexe d’œdipe et de la rivalité quasi fraternelle avec le père, » sur le plan que nous sommes amenés à nuancer beaucoup plus qu'il n'est communément articulé ». Et il note que toute l'interrogation freudienne se résume à la question « Qu'est-ce que c'est qu'être un père « ? « Ce fut pour lui le problème central, le point fécond à partir duquel toute sa recherche est véritablement orientée. » ( Relaion d’objet).


Le clivage désir/amour

A un certain moment de la cure, mon patient commence à parler de quelques prouesses sexuelles, où il prit beaucoup de plaisir, indiquaient qu’un autre chemin pouvait s’ouvrir à lui. Comme le remarque avec pertinence Lacan, l’impuissance est généralement ponctuelle : « Il était impuissant avec sa femme », dit-il dans La Relation d’objet, en parlant du père de Dora. Comme le père de Dora, notre patient était, lui aussi« impuissant » avec sa femme. Mais il connaissait aussi, ailleurs que dans le lit conjugal, selon le clivage repéré par Freud dans certains cas de la sexualité masculine, quelques envolés performantes où il arrivait à la satisfaction. Ses « dérapages », comme il disait, se produisaient toujours en état d’ébriété, dans les soirées où il choisissait sa « proie » – c’est le mot qu’il employait. Il se donnait alors pour objectif urgent de capturer et d’« obliger la femme à se soumettre », copuler avec elle, puis l’abandonner sur le champ. Les jeunes personnes choisies aux cours de ces débordements festifs finirent, au cours d’analyse, par livrer leur point commun : elles ressemblaient toutes à la maîtresse (haïe) de son père. Le clivage désir / amour s’est précisé donc avec clarté. Or, il est apparu, grâce à la libre association (par exemple l’importance d’un prénom ayant la même consonance que celui de sa mère), que les sentiments hostiles, la vengeance et l’abandon brutal de la femme séduite, visaient en fait cette mère, aussi omniprésente et intrusive qu’absente dans les moments importants, car se consacrant à sa propre mère. « C'est par là en particulier que nous voyons entrer un des premiers termes de l'ex­périence freudienne, cette sorte de dégradation de la vie amoureuse à laquelle Freud a consacré une étude spéciale4 qui est liée à ceci, qu'en raison de l'at­tachement permanent à cet objet réel, à ce primitif objet réel de la mère en tant que frustrante, aucun objet féminin à partir de là ne sera plus que quelque chose de dévalorisé par rapport à la mère, un substitut, un mode brisé, réfracté, toujours partiel par rapport à l'objet maternel premier ».



l’IMPUISSANCE ET le désir de savoir

« Il n'est pas mal de partir de l'impuissance pour commencer de s'interroger sur ce qu'est le désir » remarque Lacan en indiquant que « Le désir de l’homme est le désir de savoir »5. Or, les théories sexuelles infantiles présentent une première tentative de « théorisation » de ce désir de savoir « d’où viennent les enfants ? »6. La pensée humaine se déplie à partir de cette interrogation égoïste, puisque fondée sur la tentative de maîtriser l’arrivée d’un autre enfant. En les décrivant, Freud parle clairement de « la pulsion de pouvoir », de la « pulsion d’emprise » (Bemächtigungstreib), dont l’origine s’enracine dans la haine fraternelle.

Ces premières tentatives de spéculations théoriques tendent à confirmer la supposition de l’existence du phallus maternel, pour justifier « l’être » du petit de l’homme. Il les invente pour ne pas avoir à disparaître devant l’arrivée d’un autre enfant, « un intrus », dit Freud, supposition qui, paradoxalement ébranle et confirme l’idée que la mère est dotée d’un pénis. Ces théories réussissent à préserver l’amour pour le père, où le sentiment hostile au père est intentionnellement refoulé, écrit Freud dans Symptôme inhibition, angoisse. Dans la venue d’un enfant, le père, repéré uniquement comme celui qui castre la mère selon ces raisonnements infantiles, reste toujours hors du coup : par exemple, l’enfant est persuadé que, pour mettre au monde un petit frère ou petite sœur, la mère mange quelque chose, ou que l’enfant sort par son nombril, sa bouche ou son anus. On voit bien que ces théories sont basées sur un fantasme inconscient, tampon entre le sujet et le réel, pour donner un accès acceptable à la réalité et préserver l’illusion du phallus maternel, bien sûr, imaginaire. Dans ses intellectualisations, l’enfant est joui pulsionnellement par la mère, il est objectivé par son désir.

« Les théories sexuelles infantiles fondées sur le primat du phallus, ne sont nullement fausses », remarque Gérard Pommier. Selon lui, elles font émerger la vérité d’un sujet qui fonde son savoir en exclusion de son horreur de castration. Pour Pommier, le fantasme de la mère porteuse du pénis échappe au signifiant, il ne se déchiffre pas, il se construit dans la cure. Sa fonction est d’assurer la jouissance d’un sujet par rapport à un désir qu’il supporte et dont il est séparé, le Désir de l’Autre. La jouissance est recherchée par la pulsion et son uniforme fantasmatique, la sexualisation, et répond à la question de comment assurer la complétude de son propre corps grâce à la demande de l’Autre. « En effet, les fantasmes originaires témoignent de la façon dont, pour un névrosé, la fonction imaginaire de la castration a donné corps à l’Autre en déterminant l’être du sujet », écrit Pommier.

En évoquant l’impuissance, nous la situons dans la problématique d’Oedipe inversé où prévaut la crainte de l’amour du père Il y aurait là pour le sujet comme une impossibilité de s’identifier au père idéal.

Incontestablement, le lien entre mon patient et son père est surérotisé depuis son enfance, pendant laquelle il a été habitué à prendre des bains, des douches et à dormir dans avec son père. A cet état de choses s’ajoutait une surprotection paternelle : le père participait et commentait chacun de ses pas, insistant sur sa propre supériorité dans une mise en scène de constante et étouffante compétition.

Dans les cas d’impuissance, Lacan souligne la peur pour le sujet de voir disparaître son désir : « Le sujet craint de ne pas avoir l’arme absolue, le phallus suffisamment grand, pour satisfaire la jouissance de l’autre, qui peut se présenter comme sans limites… ». Et plus loin : « Il est également très remarquable de voir ces cas où, à portée de le satisfaire, c'est-à-dire non frappé d'impuissance, le sujet redoute la satisfaction de son désir, et c'est plus souvent qu'à son tour qu'il redoute la satisfaction de son désir comme le faisant dépendre désormais justement de celui ou de celle qui va le satisfaire, à savoir de l'autre »7. Donc, le symptôme, tout symptôme, c'est en ce lieu de l'Un troué qu'il se noue. Et c'est en cela qui comporte toujours, quelque étonnant que cela nous paraisse, sa face de satisfaction. Lorsque une pensée de répétition couvre un fantasme inconscient, il s’agit d’un autre domaine que celui de la mémoire. La mémoire, sans doute, évoque, la trace aussi, mais cette trace de la mémoire a justement pour effet la non répétition.


Si l'impuissance ne craint ni puissance ni impuissance, il arrive aussi au sujet humain de satisfaire son désir, « il lui arrive de l'anticiper comme satisfait ».

Nous avons là, sans doute, quelque chose qui est lié à l’angoisse de la castration, mentionnée par Freud par le verbe allemand Strauben, « mot tellement chéri par Freud », note avec humour Lacan et qui signifie « se hérisser ». C'est là une des formes métaphoriques sous laquelle, pour Freud, s'incarne « …dans les propos les plus concrets, qu'il parle de sa femme, qu'il parle d'Irma, qu'il parle du sujet qui résiste en général – c'est une des formes sous lesquelles il incarne de la façon la plus sensible son appréciation de la résistance ».




Le rêve de la femme inconnue


L'expérience prouve que, dans la mesure où l'enfant ne franchit pas ce point nodal, c'est-à-dire n'accepte pas la privation du phallus sur la mère opérée par le père, il maintient dans la règle – la corrélation est fondée dans la structure – une certaine forme d'identification à l'objet de la mère, cet objet étant un objet-rival, , et ce qu'il s'agisse de phobie, de névrose ou de perversion.

Abordons maintenant le moment de l’analyse qui sera déterminante pour mon patient dans l’accès à son désir d’être père. Commençons par le récit d’un rêve, à mon avis décisif dans l’avancée que demande l’apparition du sujet resté en souffrance :

« J’ai enfermé une femme dans une pièce et c’est tout à fait normal». Il poursuit en évoquant un acte manqué : « J’ai oublié mes clefs hier, et j’ai passé ma journée « enfermé » dehors.… ». « Les clefs de chez vous ? », A ma question sur ce qui s’était passé la veille de cet acte manqué, il me dit avoir reçu un coup de téléphone d’une femme. « Elle voulait venir et mieux connaître mon travail. Je lui ai demandé de me téléphoner avant de passer. J’ai été très énervé, elle m’a énervé. Pourquoi cette intrusion ? J’avais l’impression qu’elle voulait me voir moi et non pas mon travail. C’est sûrement cette femme-là qui apparaît dans mon rêve. Je me venge de tout ça en la séquestrant dans le rêve que je vous raconte… »

Il se demande aussi si l’inconnue du rêve n’est pas l’une des femmes qu’il a rencontrées dans ma salle d’attente. Il se rappelle avoir ressenti de l’hostilité envers une personne, craignant qu’elle ne lui passe « devant ». Finalement, il reconnaît son propre désir de séquestrer – « garder pour moi seul mon analyste, ou, dit-il, peut-être avoir une histoire d’amour … »

Et voilà que le fantasme de séduction commence à se dévoiler dans le transfert. Le patient poursuit sa pensée en se demandant s’il ne pourrait pas aussi désirer la femme « d’affaires » qu’il devait voir.

Cet homme qui était jusque là réticent à tout voyage avec sa femme, ou à tout voyage tout court, ayant une angoisse phobique autant de transports en commun, que d’une vie en communauté, la proximité du corps de l’autre le mettant dans cette position de désubjectivisation (se signalant par l’apparition de vertiges, de palpitations etc.), décide , peu de temps après l’analyse de ce rêve de partir chez un couple d’amis, à la campagne. Et là lui, qui disait ne pas pouvoir faire l’amour avec sa femme de peur qu’on ne les entende – surtout le cri de la jouissance féminine- avoue que ce cris lui est insupportable car représentant le signe d’une atroce souffrance qu’il infligerait à l’autre. Or, après avoir entendu le couple d’amis dans leur intimité, il fait une série de rêves érotiques où plusieurs hommes et femmes s’enlacent, nus.

Cette confusion de couples dont il rêve l’effraie beaucoup et il en parle longuement à sa femme. Et c’est là, et contre toute attente, qu’il découvre un désir aussi brusque qu’insatiable pour elle. Il n’est plus question de douleur ni d’impuissance. Porté par cet élan nouveau, contrairement aux prévisions médicales, il finit un beau jour par la féconder. Nous savons que le premier traumatisme est celui de l’entrée dans le langage : le sujet est battu par les phonèmes de son nom, par les mots qui contiennent aussi un désir Autre, auquel il faut qu’il s’identifie s’il veut échapper au réel toujours impossible. C’est la scène primitive et l’identification au père qui sauve de l’angoisse de la castration de la mère.


La sexualité, telle qu'elle est vécue, telle qu'elle opère, c'est, à cet endroit, quelque chose de fondamenta­lement - dans tout ce que nous repérons à notre expérience analytique - quelque chose qui représente un se défendre de donner suite à cette vérité : qu’il y a pas de l’Autre. (Lacan – séminaire sur le fantasme). Pouvons-nous, devant la magnifique abondance du matériel analytique en conclure, avec Lacan, « qu’au niveau de l’inconscient, ça fonctionne d’une façon aussi élaborée qu’au niveau de ce qui paraissait être le privilège du conscient »8 ? Car pour faire plier les déterminismes « scientifiquement » prouvés côté « conscient »il a fallu au travail analytique ouvrir l’accès au matériel inconscient, pour découvrir un surdéterminisme psychique basé sur l’oubli et le refoulement de croyances infantiles. C’est bien là que le désir suspendu a pu trouver sa vérité, celle d’un savoir resté jusque là sans sujet.


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1 J. Lacan, « La relation d’objet »séminaire du 30 mars 1963, p.114.

2 J. Lacan Le Séminaire Désir et son interprétation, leçon du 22 novembre 1958.

3 S. Freud, La vie Sexuelle, PUF, 1969.

4 Freud, Sur le plus général des rabaissements de la raie amoureuse, in La Vie Sexuelle, p. 55-56, PUF.

5 J. Lacan, Séminaire « Relation d’objet » 1963

6 S. Freud La vie sexuelle, op. cit., p.16 »Ce n’est pas du tout de façon spontanée,comme s’il s’agissait d’un besoin inné de causalité, que s’éveille en cas de poussée de savoir (Wissensdrang) des enfants, mais sous l’aiguillon des pulsions égoïstes qui les dominent, quand ils se trouvent – disons après l’achèvement de la deuxième année – en face de l’arrivée d’un nouvel enfant.

7. Lacan, La relation d’objet, juin 1963

8 J. Lacan, Le Séminaire « La relation d’objet », mars 1963, p.116.