Des déterminismes au sujet de la psychanalyse
Arlette Pellé
En quoi le sujet de la science est-il le même que celui de la
psychanalyse ? Comment peut-on repérer leur point de rencontre
et de divergence dans la cure ? .
1) Notion de coupure majeure
« Si de tout temps les hommes se sont intéressés
au ciel, à la voûte céleste, à ce qui revient
toujours à la même place, c’est qu’ils avaient l’intuition qu’ils
pouvaient en savoir quelque chose de ce réel » 1). De ce savoir
découle une conception de l’univers à laquelle sont articulées
métaphysique, philosophie, déterminant une place pour
l’être parlant. La notion de coupure majeure me servira d’hypothèse
pour montrer que le sujet de la science est relié à la conception
de l’univers établie par la science moderne. Cette notion promue par
G.Bachelard suppose qu’il y a des moments ponctuels dans l’histoire de la
culture où s’inventent des conceptions radicalement neuves qui affectent
tout le champ du savoir et tous les discours. Pour A.Koyré, Kojève
, Lacan,… il existe des coupures épistémologiques majeures
dont celle constituée par la science moderne, coupure majeure
avec l’épistémé antique (avec un savoir qui requiert
l’âme et la convoque pour appréhender l’univers et l’humain.)
Lacan tient compte de l’hypothèse selon laquelle l’origine historique
du sujet est le sujet de la science, soit qu’on le distingue d’une subjectivité
antique, soit que la subjectivité soit née avec la modernité.
On soutiendra avec J.C Milner que « la science moderne détermine
un mode de constitution du sujet » 2) (en tant qu’elle établit
une coupure majeure) qui « est le sujet sur quoi nous opérons
en psychanalyse »3).
2) Qu’est-ce que la naissance de la science moderne transforme pour l’être
parlant ?
Le passage du géocentrisme (théorie qui fait de la terre le
centre de l’univers) à l’héliocentrisme (le soleil est l’astre
autour duquel tourne les planètes) et surtout l’unification entre
la physique céleste et la physique terrestre, la terre et le ciel
sont régis par les mêmes lois ( le mouvement de la lune autour
de la terre et la chute d’une pomme dans le verger sont gouvernés
par la même loi de la gravitation universelle de Newton) , sont à
l’origine de la science moderne.
Avec Galilée(1564-1642), qui vit à la même époque
que Descartes (1596-1650) toute la physique aristotélicienne sur laquelle
la vision chrétienne de l’univers s’était greffée et
consolidée s’effondre. Galilée impose à l’étude
de la nature la rigueur et la précision des mathématiques.
« Le grand Livre de l’univers est écrit dans le langage des
mathématiques » (1623).
Il est alors possible de soutenir que l’univers est entièrement mathématisable.
Il n’y a rien hors univers, ni dieu, ni âme, ni homme ; la propriété
d’exception disparaît et l’universel devient la propriété
dominante du savoir. (nul besoin d’un espace référent extérieur).
Passer du monde clos de la cosmologie aristotélicienne à la
théorie d’un univers « infini » suppose une transformation
radicale des bases métaphysiques sur lesquelles repose la physique.
Progressivement, aux lois de la nature régies par une volonté
divine se substitut les lois mathématiques débarrassées
du divin. La figure de Dieu est atteinte en tant qu’elle serait le hors univers
par excellence. Cette conception entraîne un changement radical de
la place de l’homme, éjecté d’un savoir qui lui donnait une
orientation pour conduire sa vie. Le savoir mathématique devient la
référence de tous les savoirs. Cette forme de savoir
rejette et rompt son lien à la vérité et refoule le
contenu du savoir mythique.
3) Sujet de la science et sujet de l’inconscient.
A la place où étaient les Dieux, on situe maintenant
le savoir. (savoir littéral, savoir d’énoncés pour la
science, savoir de l’inconscient pour la psychanalyse). Le sujet né
de la possibilité de la science moderne est celui produit par
la déconnexion du savoir et de la vérité.
Il n’y a pas de qualités dans l’univers des nombres, ni dans
celui des figures géométriques. Ce qui détermine un
mode de constitution du sujet « un sujet sans qualités »
4). La conception qualitative 5) (les valeurs, perfection, harmonie, sens,
but…) du cosmos est abolie pour un monde de l’univers de la quantité,
de la précision, des mesures exactes, des déterminations rigoureuses.
Le passage du qualitatif au quantitatif, à la mesure, entraîne
un idéal de savoir équivalent au code génétique
manipulable, au réel du symptôme abordé par les
formules pharmacologiques, au psychisme conçu comme une entité
cérébrale…..Le sujet de ce savoir littéral, (la lettre
mathématique, algébrique..) est un sujet « sans qualités
», disjoint de sa vérité, dont l’énonciation
est refoulée, c’est le sujet de la science.
La psychanalyse qui s’occupe de ce qui ne marche pas, est apparue avec la
science moderne et « surtout avec l’encombrement du réel qui
écrase les êtres humains, avec l’envahissement de choses fabriquées
selon le modèle céleste et que tout ça n’a pas beaucoup
de rapport avec la vie » 6), au moment où la parole du sujet
risque de s’effacer laissant la place à l’universel du langage.7)
(aux énoncés)
Le sujet émergeant des formations de l’inconscient s’éprouve
divisé de ce qu’il dit, de son savoir, rencontre l’impossible
à conjoindre savoir et vérité, déconnexion qui
produit la science moderne) impossible sans lequel il n’y a pas de sujet
de la psychanalyse comme sujet de la science ( si à chaque savoir
correspondait sa vérité, cela reviendrait à corréler
ce qui a été dissout par la coupure majeure et à considérer
la psychanalyse comme une religion visant à l’harmonie, au bonheur,
à la perfection…..) Pour la psychanalyse le savoir inconscient est
dans les mots, dans la parole lorsqu’elle associe librement et trébuche,
elle opère en supposant un sujet à ce savoir.
.4) Les déterminismes : le déterminisme programmable
A partir du 17 éme , le principe de causalité se mue en déterminisme
qui exclut le hasard. Le concept de loi se substitue au concept de
cause. La loi est rapport mathématique. La nature est structure logique,
contexte de lois, complexe universel et général de conditions
déterminées. Dans le monde newtonien tout est déjà
écrit, l’Univers est une mécanique réglée avec
précision qui une fois remontée fonctionne d’elle-même
selon des lois déterministes. L’effet est toujours proportionnel
à la cause et le tout est égal à la somme des parties.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Le fantasme de maîtrise, du tout mesurable, du prévisible, conduit
comme chacun sait aux pires excès.
Si l’univers est déterminé par des lois mathématiques,
le déterminisme physique, cela voudrait-il dire que nous êtres
humains appartenant à l’univers, sommes régis et déterminés
par des lois bien définies, déterministes?. Comme Lacan l’indique,
« au point où nous en sommes venus de notre science, une rénovation,
une mise à jour de l’impératif kantien, pourrait s’exprimer
ainsi, en employant le langage de l’électronique et de l’automation
-N’agis jamais qu’en sorte que ton action puisse être programmée
»-8), impératif proche de la psychologie cognitive.
(Je ne parlerai pas ici, des apports de Descartes et Kant qui fondent
un sujet « divisé » et libre selon certaines contraintes)
- La logique déterministe dans la cure
On peut appréhender le sujet de la science comme le sujet de la psychanalyse
de deux manières. L’une concerne la logique déterministe
où sujet de la science et de la psychanalyse sont les mêmes,
l’autre la logique paradoxale ou contradictoire où le sujet forclos
de la science est le sujet de la psychanalyse. Ces logiques se croisent dans
une cure.
Celui qui entre en analyse, dans un premier temps ou de manière répétitive
ne sait que faire ou dire du réel du symptôme ou des répétitions
(ce qui revient toujours à la même place) et suppose que
des mythes ou des événements familiaux déterminent la
cause du symptôme pour lequel il vient. D’autre
part les signifiants de l’Autre, lui assignent une place, il est objectivé,
assujetti au désir de l’Autre9), il ne s’écarte de cet assujettissement,
que contraint et forcé, du fait des contradictions de ce qui le détermine.
Ce qui l’objective à l’extérieur, du côté des
déterminismes scientifiques ( soit sa préférence à
ce qu’une migraine soit causée par la venue du printemps et calmée
par des anti-inflammatoires) et ce qui l’objective psychiquement ( que cette
migraine apparaisse à chaque fois qu’il rencontre tel signifiant ou
telle situation ou telle scène, soit son aliénation au désir
de l’Autre) est de même nature, s’inscrit comme l’envers et l’endroit
d’une bande de Moebius et obéit à la même logique. Il
y a donc une détermination inconsciente qui objective, qui crée symptôme
et répétitions et il y a aussi pour l’analysant, sujet de la
science, une préférence pour l’objectivation. Sujet de la science
et de la psychanalyse vont ensemble, jusqu’au point des déterminismes,
celui où l’analysant se situe par rapport au désir objectivant
de l’Autre.
Le savoir littéral scientifique et le savoir inconscient ne produisent
pas les mêmes effets. L’un est infini sans limite, au sens où
la borne de l’inconnaissable renferme du connu potentiel ou l’obscurantisme.
Le savoir inconscient est également infini, mais à chaque fois
limité par la castration…(le refoulement et le retour du refoulé
règlent la vie de chacun, au-delà de la fin de l’analyse.)
L’analysant devra dépasser la reconnaissance de ses déterminismes
( des signifiants qui le représentent) pour s’ouvrir à
un autre espace : l’au-delà des déterminismes et le choix du
sujet.
- La surdétermination : logique paradoxale et contradictoire.
Le processus analytique proprement dit, commence, lorsque le statut d’innocence
ou de victime, lorsque la plainte ou la revendication, la souffrance ou l’angoisse,
le symptôme ou la répétition, ce qui objective,
est ramené à une question : quelle est ma propre jouissance
dans tout ce qui m’accable ? Le calcul inconscient résonne
avec la position de la jouissance du sujet. La guérison c’est de cesser
de jouir de son symptôme, c’est l’existence du sujet au moment où
il rompt son aliénation à l’Autre. Le symptôme guéri
ou pas, il apprendra qu’aucun événement réel n’en est
la cause, qu’il est causé par son désir piégé
dans une logique paradoxale.
La surdétermination freudienne indique que le symptôme
n’est jamais déterminé par un seul désir, qu’il est
au croisement de plusieurs « motions désirantes » mais
surtout que « ces déterminations sont contradictoires, opaques,
que la cause comporte en elle-même ce qui la contredit »10)
Le sujet devant plusieurs déterminations va dans un sens ou dans un
autre, mais ça n’est pas prévisible, ça n’est pas programmable11).
Je vais montrer à l’aide de bribes de séances d’une cure analytique,
ce moment où la logique déterministe bascule vers le doute
et la construction du fantasme.
Au cours d’un épisode dépressif grave de sa mère,
survenue pendant son adolescence, cette jeune femme se voit comme sauveuse,
protectrice, aux petits soins de sa mère, nulle et sans vitalité
; elle lui en veut beaucoup, c’est elle qui l’a empêchée de
devenir « une vraie femme »… ; un rêve, lui fait entrevoir
les choses autrement : « Je dois aller en Angleterre mais j’ai peur
de parler Anglais, bien que je connaisse parfaitement cette langue.. »Elle
associe sur les heures qu’elle passait avec son père à échanger
dans cette langue, excluant alors sa mère. « Quand je parle
anglais », dit-elle, « j’éprouve la même chose qu’avec
les hommes, j’ai peur de me tromper, j’ai honte, j’ai peur de faire une faute
»…
Elle évoque à nouveau « la dépression de jalousie
de sa mère », jalouse d’une autre femme et pourquoi pas d’elle.
Dans les séances suivantes, elle découvre qu’elle place sa
mère en tant que « surveillante de sa vie », cette mère
veille à ce qu’il ne se passe rien pour elle avec un homme dit-elle.
Ma mère est malade pour m’empêcher de vivre. Je dois rester
à côté d’elle, comme je suis à côté
d’un homme.
Cette construction engendre la fixation du symptôme, un gain de jouissance
et l’évitement de sa propre castration, elle ne risque rien et surtout
pas –de devenir comme la mère-. L’aliénation à l’Autre,
qui l’objective détermine la répétition du symptôme
(logique déterministe).
Il lui arrive très souvent de penser ou de dire à quelqu’un
de son entourage « fais gaffe, je t’ai à l’œil ». Elle
se saisit de cette pensée et remarque qu’elle reproche exactement
la même chose à sa mère. Lui vient alors cette formule,
à deux entrées, qui signe la construction du fantasme «
Qui surveille qui ? » S barré poinçon a »
A ce tournant, elle rencontre la duplicité et le doute « est-ce
elle qui me surveille ou moi qui la surveille ?
Jusqu’ici assujettie au désir de l’Autre, elle n’avait pas le choix
: « ma mère m’a empêchée de vivre, de devenir une
femme……parce que……. ; elle rencontrait le même symptôme invalidant
dans la même situation – sous le regard de…-. Au moment où elle
formule la question, « qui surveille qui « elle échappe
au déterminisme, et consent à reconnaître son désir
: « Mais alors qu’est ce que je surveille ? » « Quelque
chose d’intime, qui se passe entre eux……. ». Fantasme.
L’analysant sait alors que le symptôme échappe à un déterminisme
univoque et découvre qu’au savoir inconscient est conjoint un
sujet, qui n’est pas l’Autre mais lui-même. Ce savoir rencontre
en certains points des surdéterminations, contradictions, conflits,
équivoques, ce qui ne l’empêche pas d’être ordonné
selon une logique généralisable qui n’est pas la logique du
déterminisme scientifique.
Si l’inconscient est structuré comme un langage, ses formations expriment
par la duplicité de leurs éléments, des points de recoupement
des chaînes causales, contradictoires ( « Ma mère est
intrusive, c’est insupportable vraiment, quand j‘étais enfant, au
lieu de me mettre en colère, ça me rendait malade et j’étais
toujours auprès d’elle qui s’occupait de moi… »)
La logique de l’inconscient fait gagner en subjectivation, là où
elle se démarque de la logique déterministe.
A la fin de l’analyse ou à certains moments de la cure, n’y a-t-il
pas à nouveau un point de rencontre entre sujet de la science et celui
de la psychanalyse : le sujet ne peut pas attendre de l’Autre du discours
scientifique, un savoir qui réponde à qui suis-je, à
l’être ou au sens , l’ Autre ne répond pas; l’analyste
supposé détenir un savoir sur l’inconscient, finit par
déchoir, l’analysant n’a plus à attendre de l’Autre, un sens
dernier, ça manque, libre à lui, d’inventer d’autres
signifiants auxquels il sera assujetti et une autre manière
de vivre la pulsion.
5) En pointillé
On pourrait objecter que la psychanalyse est contemporaine de l’émergence
de la mécanique quantique dans laquelle la certitude et le déterminisme
de la mécanique classique de Newton sont exclus. Les atomes imposent
une limite à la connaissance et les nouveaux signifiants nous plongent
dans un monde proche de la logique de l’inconscient. Le principe d’incertitude
de Heisenberg « on ne peut pas connaître à l’avance le
comportement d’un électron », la théorie du chaos «
l’effet n’est pas proportionnelle à la cause » les lois sont
de hasard et de probabilités, le théorème de Goëdel
et l’incomplétude, les réseaux de connexion et d’interactions,
la théorie des supercordes qui cherche à unifier les forces
fondamentales de la nature (l’infiniment grand et l’infiniment petit) stipule
que les particules de matière ne sont que des vibrations de bouts
de ficelle.
Comment ne pas penser à la topologie et à Lacan qui cherche
à articuler un bout de réel, à partir de ce qui n’est
pas mathématisable ( au sens des mathèmes) dans la psychanalyse.
Mais ces nouvelles théories, ne constituent en rien une coupure majeure
telle celle produite entre les sciences prégaliléennes et postgaliléennes,
qui fondent la science moderne et un nouveau sujet, le sujet de la science.
Après la coupure majeure, « rien ne sera plus jamais comme avant
», tout comme après certains actes ou interprétations
de l’analyste « rien ne sera plus jamais comme avant ». On peut
faire l’hypothèse qu’une coupure majeure dans une cure se produit
lors des moments de passe.
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1) J.Lacan Conférence du 30 Mars 1975, en Italie
2) L’œuvre Claire JC Milner Ed. Seuil 1995 P. 34
3) J.Lacan Ecrits Science et Vérité Ed Seuil 1966 P.858
4) L’ Œuvre Claire J.C Milner Ouvrage cité P. 106
5) A.Koyré Etudes Newtoniennes P.43
6) J.Lacan Conférence donnée au centre culturel français
le 30 Mars 1974
7) J. Lacan « La participation du sujet à cet universel
qu’est le langage scientifique, c’est là dit Lacan l’aliénation
la plus profonde du sujet de la civilisation scientifique et celle que nous
rencontrons d’abord quand le sujet commence à nous parler de lui »
Ecrits P.282
8) J.Lacan Séminaire 7 l’Ethique de la psychanalyse Ed.
Seuil 1986 P.94
9) G.Pommier Séminaire 2000-2001 La Psychanalyse dans l’histoire des
Sciences et la résistance du désir de l’analyste.
10) G.Pommier idem
11) G.Pommier du 16 Novembre 2000, « La psychanalyse dans l’Histoire
des Sciences et la résistance du désir de l’analyste ».
Congrès de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse 29
et 30 Octobre 2005 à Padoue. Des déterminismes au sujet de
la psychanalyse. Arlette Pellé
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Résumé :
Des déterminismes au sujet de la psychanalyse
La notion de « coupure majeure » me servira d’hypothèse
pour montrer que le sujet de la science est articulé à la conception
de l’univers moderne – tout mathématisable-. Il n’y a rien hors univers,
ni dieu, ni âme, ni homme. Cette notion indique que « rien ne
sera jamais plus comme avant ». L’Autre ne répond plus. Le sujet
du savoir littéral est un sujet « sans qualités »
disjoint de sa vérité, dont l’énonciation est refoulée.
Ce sujet n’est-il pas celui que la psychanalyse rencontre lorsque la logique
déterministe du calcul inconscient objective en créant symptômes
et répétitions ? Je montrerai en m’appuyant sur des bribes
de séance qu’une autre logique paradoxale et contradictoire mène
les associations sur le versant d’un choix imprévisible et non programmable
: le choix du sujet. L’analyse conduit alors à une nouvelle forme
de subjectivité où « rien ne sera plus jamais comme avant
».