Le texte de la loi du 29 juillet 2004
Lettre au rapporteur du projet de loi relatif à la politique de santé publique au Sénat (Groupe de contact)
Nouvelle loi, nouvelle donne : saisir la balle au bond (texte de Gérard Pommier)
La situation au 20 janvier 2004 (texte de Claude Landman)
Séance du 7 janvier 2004 - Commission des Affaires sociales de l'Assemblée Nationale
Communiqué du 2 décembre 2003 concernant l'amendement Accoyer
Projet de loi "Politique de santé publique" du 26 novembre 2003
Dans sa
présentation de L’analyse profane de Freud, aux
cours de la réunion consacrée à cet
ouvrage, Gérard Pommier a souligné la distinction de la
psychanalyse de toute psychothérapie : même la
thérapeutique analytique relève de
l’analyse appliquée. Philippe Julien a cependant
remarqué que les jeunes analystes formés dans les
institutions psychanalytiques se trouvent souvent sous
l’obligation de commencer leur carrière au titre
de psychothérapeute dans les différentes
institutions médico-psychothérapeutiques. Y
a-t-il une politique qui concilie la distinction doctrinale et les
conditions pratiques qui régissent l’exercice de
la profession ? Tel sera l’objet du 23 octobre.
Moustapha Safouan
Postface de Psychanalyse profane, de Sigmund Freud
La crise de la psychanalyse, par Philippe Julien
Aujourd’hui en Europe la psychanalyse a pris deux orientations différentes. La première est celle des institutions qui donnent place à une psychothérapie, en vue de répondre à une demande croissante de formation de psychothérapeutes, et également de faire reconnaître par l’Etat la compétence de ses membres. Son éthique est au service du bien-être d’autrui et de soi-même à transmettre par conseil et suggestion.
Au contraire, la deuxième orientation est celle de l’éthique de la loi du désir. L’enjeu est d’assumer son propre inconscient en accueillant ses surprenantes créations : symptômes, rêves, actes manqués. A l’opposé de la première, cette orientation se définit ainsi : l’experience personnelle de l’intensionnel comme analyste ou analysant est mise au fondement même de la psychanalyse en extension selon ses trois dimensions : un discours théorique qui se publie, des institutions de rencontre et de partage, enfin une présence laïque dans la société civile hors de tout contrôle de l’Etat (la loi du désir avec Antigone ne peut être celle de Créon). C’est ainsi que la psychanalyse se différencie de toute thérapie du psyché.
L'analyse laïque, par Gérard Pommier
La législation en cours des psychothérapies donne un relief saisissant au texte de Freud de 1926, « L’analyse laïque ». Il en va ainsi de quelques rares écrits de circonstances qui, bienqu’ils soient datés, ne vieillissent jamais. Car jamais ne vieillit un affrontement de discours : celui du Maître de la Cité et celui de l’analyste, dont nous sommes comptables. En 1926, il s’agissait de défendre le droit d’exercer d’un psychanalyste non médecin, et, au-delà de ce titre, c’était la garantie de n’importe quel diplôme qui était contestée.
Aujourd’hui, la crise des discours s’est approfondie. Tout se passe comme s’il fallait tout reprendre à zéro, non plus pour le petit groupe des analystes, mais pour la société toute entière. Il faut à nouveau refaire l’énorme travail entamé par Freud au début de son œuvre, lorsqu’il voulut distinguer son invention des psychothérapies en créant le mot nouveau de « psychanalyse ». Et il faut aussi, du même mouvement, dire ce qui autorise l’analyste. Son analyse, bien sûr, dont ses pairs peuvent reconnaître l’avancée par ce qu’elle produit : du transfert, de l’analysant, de la théorie partagée dans ces lieux conflictuels que sont les sociétés analytiques.
Que veut dire « laïque » ? Si on voulait opposer ce terme à « religieux », il faudrait l’opposer au religare, c’est-à-dire à ce qui depuis toujours a fondé dévotement le lien social, par la grâce d’une transcendance quelconque (une église, une université, voire, après tout, une institution psychanalytique). Mais tel ne fut pas le propos de Freud, lui qui, au même moment, soutenait de son autorité les débuts de la peu libertaire I.P.A. Il reste donc à interroger ce que nous défendons, lorsque nous soutenons « l’analyse profane ».
Moustapha Safouan
Postface de Psychanalyse profane, de Sigmund Freud
La crise de la psychanalyse, par Philippe Julien
Aujourd’hui en Europe la psychanalyse a pris deux orientations différentes. La première est celle des institutions qui donnent place à une psychothérapie, en vue de répondre à une demande croissante de formation de psychothérapeutes, et également de faire reconnaître par l’Etat la compétence de ses membres. Son éthique est au service du bien-être d’autrui et de soi-même à transmettre par conseil et suggestion.
Au contraire, la deuxième orientation est celle de l’éthique de la loi du désir. L’enjeu est d’assumer son propre inconscient en accueillant ses surprenantes créations : symptômes, rêves, actes manqués. A l’opposé de la première, cette orientation se définit ainsi : l’experience personnelle de l’intensionnel comme analyste ou analysant est mise au fondement même de la psychanalyse en extension selon ses trois dimensions : un discours théorique qui se publie, des institutions de rencontre et de partage, enfin une présence laïque dans la société civile hors de tout contrôle de l’Etat (la loi du désir avec Antigone ne peut être celle de Créon). C’est ainsi que la psychanalyse se différencie de toute thérapie du psyché.
L'analyse laïque, par Gérard Pommier
La législation en cours des psychothérapies donne un relief saisissant au texte de Freud de 1926, « L’analyse laïque ». Il en va ainsi de quelques rares écrits de circonstances qui, bienqu’ils soient datés, ne vieillissent jamais. Car jamais ne vieillit un affrontement de discours : celui du Maître de la Cité et celui de l’analyste, dont nous sommes comptables. En 1926, il s’agissait de défendre le droit d’exercer d’un psychanalyste non médecin, et, au-delà de ce titre, c’était la garantie de n’importe quel diplôme qui était contestée.
Aujourd’hui, la crise des discours s’est approfondie. Tout se passe comme s’il fallait tout reprendre à zéro, non plus pour le petit groupe des analystes, mais pour la société toute entière. Il faut à nouveau refaire l’énorme travail entamé par Freud au début de son œuvre, lorsqu’il voulut distinguer son invention des psychothérapies en créant le mot nouveau de « psychanalyse ». Et il faut aussi, du même mouvement, dire ce qui autorise l’analyste. Son analyse, bien sûr, dont ses pairs peuvent reconnaître l’avancée par ce qu’elle produit : du transfert, de l’analysant, de la théorie partagée dans ces lieux conflictuels que sont les sociétés analytiques.
Que veut dire « laïque » ? Si on voulait opposer ce terme à « religieux », il faudrait l’opposer au religare, c’est-à-dire à ce qui depuis toujours a fondé dévotement le lien social, par la grâce d’une transcendance quelconque (une église, une université, voire, après tout, une institution psychanalytique). Mais tel ne fut pas le propos de Freud, lui qui, au même moment, soutenait de son autorité les débuts de la peu libertaire I.P.A. Il reste donc à interroger ce que nous défendons, lorsque nous soutenons « l’analyse profane ».
